II
être interprétés dignement, que la plume ne peut traduire. La nature serait impuissante à produire d’aussi profondes, d’aussi salutaires émotions.
Il y avait dans cette guérison une coïncidence bien remarquable : c’était le jour anniversaireMe sa naissance, le Jour de sa fête (sainte Jeanne de Chantal), que cette jeune tille venait de renaître à la vie; elle entrait à ce moment dans sa dix-huitième année.
Elle se relève, abandonne son brancard, reprend le chemin de l’hôpital; elle monte d’un pas léger les marches des escaliers.
Le lendemain dimanche et le lundi, elle vient au bureau des médecins. Nous l’examinons avec le plus grand soin.
Le D'' Serre presse sur ses épaules de tout son poids, il ' ne détermine aucune douleur.
La respiration est un peu rude au sommet des poumons, mais il n’y a plus de râles, toute trace d’abcès a disparu. La colonne vertébrale est déviée, mais absolument consolidée, il n y a de sensibilité nulle part, et la rigidité est complète.
A son retour à Paris, la première visite de Jeanne est pour Notre- Dame des Victoires. Le surlendemain, elle va d’Auteuil à Vaugirard à pied, elle fait deux heures de marche; elle a laissé son corset, qu elle n avait pas quitté depuis cinq ans.
Huit jours après, elle traverse encore à pied tout le parc de Saint-Cloud, elle reste debout toute la journée sans éprouver la moindre fatigue. Au moment de son départ pour Lourdes, elfe
Jeanne Gasteau, religieuse dominicaine à Chàtillon.