‹ Les grandes guérisons de LourdesChapitre 39 sur 88 · AI AL DT-: POTT · texte numérisé non relu

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plus eu spechUcurs ou eu curieux, mais comme malades. Depuis les premiers jours, nous relevons, parmi nos guéris, les noms de nos confrères, ceux de leurs femmes et de leurs enfants.

Mon camarade venait en actions de grâces, pour la guérison d’un mal de Pott.

(rest sous sa dictée, sous la dictée de sa femme qui l’accompagnait, ipie j’ai pris les notes que je vais résumer en quehpics lignes.

« Lorsque je suis venue à Lourdes pour la Iroisièmc fois en iSjj,

Pèlerins à la fontaine.

il y avait trois ans que je ne me levais pas, la cachexie faisait des progrès rapides. Je n’avais pas seulement une bosse dans le dos, un abcès dans le liane, le poumon en mauvais état, mais j’étais enllée des pieds a la tète, mon teint était couleur de cire et ma paralysie de vessie compli([uéc d’une incontinence. Je vomissais à peu près tout, je ne me nourrissais plus.

« La lutte ne pouvait se prolonger ainsi longtemps, le terme fatal approchait, j’avais reçu l’extrème-onction.

« Dans ces conditions dése.spérées, alors que tout espoir humain semblait perdu, ma pensée s’est tournée une dernière fois vers

GUèllISONS DE LOUnUES ,

Lourdes. Malgré deux essais iiirruclueux, deux pèlerinages pénibles et sans résultat, ma contiauee n’était pas ébranlée. Je voulus suivre les pèlerins de la Bourgogne, mon mari n’eut pas le courage de m’accompagner. 11 me lit coucher dans un wagon, en me recommandant à Mgi Jeannin et au B. P. Pristot, directeurs du pèlerinage. Ce ([lie fut le voyage, il est lacile de le conjecturer.

« J’arrivai le jeudi soir, 27 septendire. La Sœur Joachim des Sept-Douleurs me lit porter sur un brancard au chalet de l’IIosiiice et me prodigua tous les soins que réclamait mon état. Dans (pielles tristes conditions je faisais ce voyage! J’étais venue deux fois à Lourdes, j’avais pris dix-huit bains de piscine, je n’avais rien obtenu.

« Serais-je plus heureuse cette fois? Dans tous les cas, c’était ma dernière chance de guérison que j’allais tenter; si je repartais comme j’étais venue, c’était lini pour moi.

« Le lendemain matin, vendredi 28 septembre, on me porte sur un brancard à la piscine. En entrant dans le bain, je n’éprouve pas le saisissement ({ue j’éprouvais toujours, je trouve l’eau chaude ; un sentiment de bien-être m’envahit; aussitôt cette parole de

l’Evangile se présente à mon esprit ; « Levez-vous et marchez; » j’entends ces mots d’une façon plus impérative; obéissant à cet appel, je me lève dans l’eau, je sors de la piscine, je m’habille et bientôt je marche jusqu’à la Grotte.

« Mes pieds, qui n’ont pas touché le soldepuis si longtemps, sont sensililes, douloureux à tous les contacts. Mais je ne soulîre pas des reins, je puis me redresser. Les vomissements disparaissent le jour même, je mange. La saillie de la vertèbre existe encore, mais depuis ee moment on cesse de percevoir l’abcès, il n’y a plus de douleurs à son niveau, il reste de l’empâtement qui disparaît peu à peu.

« J’envoie une dépêche à mon mari, et je rentre avec le pèlerinage, non plus couchée, mais assise, et sans ressentir ni douleur, ni fatigue.

« la descente du train, je trouve mon mari. Il lui tardait de eonstaler de ses yeux le merveilleux changement (]ui s’était opéré

:\IAL Dlî POTT

<l;ins mon (‘lut. Il est dillicilc de décrire la commolion prolondc (|u’il resscnlil en me voyant descendre seule de wagon et marclicr à ses côtés. ]\Icine apres vingt ans, ces souvenirs ont laissé dans notre espril une trace inellaeable. Nous ne les évocpions jamais sans éveiller les memes émotions.

« Au moment de partir pour Lourdes, ma sœur, qui était postulante à la Visitation, me prédit que Je serais guérie et ([uc j’assisterais à sa prise d’iiabit; J’y étais en elïet. IMa nièce est aussi religieuse à la Visitation ; on avait beaucoup prié pour moi: cependant Je dois surtout ma guérison à mon mari, non seulement à ses soins, mais à ses prières. Mon mari est du Tiers-Ordre; sa foi ne connaît pas les défaillances. Il n’a Jamais cessé de prier et d’espérer. »

Nous avons parmi nos confrères trop de matérialistes ou d’atbées pour que nous ne soyons pas beureux de rencontrer ces grands chrétiens qui sont l’bonneur de notre profession et que nous sommes Justement tiers de compter dans nos rangs.

Nous venons de résumer cette observation dans ses traits essentiels. A vingt ans de distance, les détails, les incidents de chaque jour sont oubliés. On n’aperçoit plus que les grandes lignes, mais ces grandes lignes ressortent avec plus de netteté, dégagées des symptômes accessoires.

Nous avons ici tous les signes du mal de Pott : la saillie des vertèbres, la présence de l’abcès, la diathèse qui touche le poumon.

Ces signes sont relevés, non pas auprès d’une cliente ordinaire, mais par un médecin auprès de sa femme, par un médecin qui se fait assister de tous ses confrères et suit Jour par Jour l’évolution et les progrès du mal.

X... pesait quatre-vingt-dix-huit livres au moment de sa guérison, elle en pèse cent cinejuante aujourd’hui. Quand on Juge ces résultats, non pas en curieux, mais en clinicien, on voit aisément que de tels résultats dépassent notre portée, et nous démontrent ({lie les guérisons de Lourdes ont des caractères qui s’écartent des lois ordinaires de nos observations.

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