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LE 3IIRACLE DEMANDÉ PAU LA SCIENCE

Une guérison de Lourdes suivie d’autopsie

]jC i8 avril dernior, pendant le pèlerinage des lioinnies, nn médecin de Reims, iM. le J)> Dubois, venait nous comnmniqiier le récit d’une des guérisons les plus intéressantes qui aient été constatées à Lourdes. C’est le seul exemple dans lequel l’autopsie du malade nous a permis de faire une démonstration à l’abri de toute critique. Nous touchons ici à l'évidence absolue, à la certitude matbématique.

« Lors([ue j’étais élève dans le service du professeur Gross, de Nancy, nous disait notre jeune confrère, j’avais remarqué parmi les malades de l’hôpital une jeune tille de dix-sept ans dont l’attitude révélait au premier abord la nature de son mal.

(( Sa tète déviée, inclinée sur une épaule, donnait à sa physionomie un air de soutfrance ; elle avait quelque chose de contracté, de raide ; elle se tournait d’une seule pièce, toujours préoccupée d’éviter un mouvememt dans son cou, mouvement atrocement douloureux.

« Elle était atteinte de torticolis, mais d'un torticolis grave. Les os de la colonne vertébrale devaient être cariés, car on trouvait un engorgement profond dans toute la région du cou. Sa poitrine présentait des lésions suspectes. Elle avait, du reste, perdu quatre frères ou sœurs de méningites, ou d’accidents tuberculeux.

« Le professeur Gross n’hésitait pas à reconnaître dans ce torticolis les signes d’une carie des vertèbres.

« Cependant dans le but d’éliminer toutes les causes d’erreur, il voulut prali({uer la section des muscles rétractés pour essayer de dégager la tète.

« L’opération faite suivant toutes les règles de l’art ne donna aucun résultat.

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« G’ctait à prévoir...

« La jeune lille, ne pouvant retirer aucun bénéfice de son séjour à l’hôpital, fut rendue à sa famille. Voilà la première partie de son histoire. A l’hôpital deNaney, on a reconnu un mal de Pott cervical, alfeclion le plus souvent mortelle. Si la malade survit, la tète restera toujours déviée; ou ne peut remplacer par des os nouveaux les os déjà détruits. »

La jeune lille rentre dans sa famille sans espoir de guérison. Que va-t-elle devenir?

Le pèlerinage alsacien-lorrain s’organisait à ee moment. Les malades se faisaient inscrire ; on l’engage à solliciter son admission : les certiticats qu’elle présente offrent toute garantie et ne justifient ({ue trop sa demande.

Elle est admise, elle vient à Lourdes avec le pèlerinage.

A Lourdes, elle passe inaperçue; elle n’était pas classée dans les grandes malades, elle pouvait aller et venir. Elle suit les divers exercices du pèlerinage, se baigne dans la piscine, ne fait constater ni sa maladie, ni sa guérison.

Cependant lorsqu’elle quitte Lourdes, sa tète est redressée; elle la tourne dans tous les sens, aisément, sans douleur; tout engorgement parait avoir disparu. En outre il se fait chez elle un changement à vue; la vie réparait sur cette physionomie jusque-là languissante, llétrie.

Notre confrère nous disait : « J’avais pris sa photographie à l’hôpital; je l’ai prise de nouveau après le pèlerinage; vous pourrez vous rendre compte aisément du changement opéré dans son état. »

Qu’ont dit les médecins? — « Nous nous étions trompés, il n’y avaitipas de lésion de vertèbres. Puisque celte jeune lille a été guérie à Lourdes, son torticolis était nerveux. Le professeur de Nancy s’est trompé comme nous; son opération n’a pas réussi, pouripioi? nous l’ignorons. jNIais Lourdes, c’est la pierre de touche des maladies nerveuses. »

lÆS (ilîAlVDES GUERISOA'S DE I.OUUDES

Conimenl convaincre des gens ([ni ne veulent pas être eonvainciis? Il n’y a ([u’une preuve que personne ne peut réeuser : e’est l’autopsie (le la malade. Si l’on pouvait ouvrir le corps de cette jeune lille, mettre sous les yeux, dans la main des médecins les vertèbres détruites, ils seraient bien forcés de s’incliner.

Dieu a permis que par un concours de circonstances que personne

ne pouvait prévoir cette autopsie fût faite, qu’elle fiit faite par ordre de la Justice, en présence du médecin qui avait soigné cette Jeune fille.

Cette Jeune fille est revenue de Lourdes i)arfaitement guérie. Elk*^ n’a plus eu besoin de soins, ni de ref)Os: dès son retour elle est employée aux travaux des champs.

A quelque temps de là, elle était occupée auprès d’une batteuse mécanique; elle apportait à son tour sa gerbe de blé, lorsque dans un faux

Tiiérèse Doxler, guérie d’un mal mouvement son bras est pris dans de Pott.

l’engrenage de la macinne ; il est broyé, coupé, la Jeune fille tombe évanouie sur le sol. Les artères béantes laissent couler le sang à Ilots. Aucun médecin n’est là pour arrêter le sang; l’hémorragie épuise la Jeune fille cpii meurt des

suites de sa blessure.

Une action en dommages-intérêts s’engage, et la Justice ordonne l’autopsie qui est faite en présence du médecin (pii nous a conmuini(pié CCS détails.

« J’étais incrédule à ce moment, nous disait notre contrère. A\ec (picl soin, quelle curiosité J’ai disséqué ces vertèbres, J ai gratté ces os avec mon bistouri pour m’assurer qu’ils avaient été réellement malades !

«J’ai eu sous mes yeux la preuve évidente, tangible de la recons-

MAL DE POTT

tiluliou ([iii s’élait faite à Lourdes. Un eoiii osseux eompreuaul la plus grande parlie du corps de la 5® et de la ()« vertèbre cervicale, avait été détruit; la colonne cédant sur ce point comme une tige brisée, s'élait inclinée pour ne plus se relever. C’est ainsi que nous l’avions vue à l’hôpital. Mais à cette place un nouveau coin osseux s’était formé. Je l’avais là sous mon scalpel, et je voyais que cet os n’était pas encore soudé aux os voisins. Une membrane tibreusc ({ui ne s’était pas ossifiée, le séparait de l’os ancien. Au milieu d’un foyer d'os cariés dont la médecine ne pouvait limiter les désordres et encore moins réparer les brèches, cette cicatrisation nette et franche, cette reproduction osseuse opérée avec cette rapidité, renversait tovite loi. L’explication de maladie nerveuse ne tenait plus debout : je me trouvais en présence d’un fait supérieur aux forces de la nature; je touchais le miracle. Je dus m’incliner, oublier toutes mes préventions. »

Même à distance, notre confrère ne pouvait évoquer ces souvenirs sans ressentir encore une émotion profonde.

Nous ne donnons ni le nom, ni l’adresse de cette jeune tille. On les trouverait facilement sur nos registres. Sa famille a été cruellement impressionnée par la perte de son enfant. Les joies du pèlerinage, delà guérison sont oubliées ou ne réveillent plus que les souvenirs douloureux laissés par cette tin tragique. Nous avons dû respecter un deuil bien légitime que le temps n’a pu etfacer dans le cœur des parents.

Les preuves que nous avons données sont assez précises, tous les détails assez circonstanciés pour qu’il soit facile de mettre un nom, une date et une adresse au bas de cette observation.

Désormais, la thèse f^ui veut enfermer toutes les guérisons de Lourdes dans le champ des maladies nerveuses, nous parait battue en brèche d’une façon décisive.

l.KS GRANDES GUERISONS DE LOURDES

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