‹ Les grandes guérisons de LourdesChapitre 45 sur 88 · I.ES TAUX MIRACIÆS · texte numérisé non relu

I.ES TAUX MIRACIÆS

profondes rpii séparent le prétendu iniraele tliérapeuliqne du miracle réel.

L’instantanéilé absolue dans la guérison des plaies ne s’observe jamais dans les conditions naturelles. Avec la suggeslion, on ne penl produire que des lésions superlicicllcs, une brûlure ou une vésicalion légère; on ne peut déchirer la peau dans toute son épaisseur, à plus forte raison mettre à nu les organes profonds. Enlin, la suggestion est impuissante à ellacer en quelques secondes, même ces lésions snperticielles qu’elle a pu créer.

Un de nos jeunes professeurs de la Faculté de Paris, un de veux qui conduisent à notre époque le mouvement scientifique, écrivait dans un journal anglais et disait en parlant de Lourdes : <( 11 est de mode de tourner en dérision tout ce qui se publie autour de la Grotte. Il est plus facile peut-être de se mo(|uer que de répondre sérieusement. Pourquoi ne pas essayer de résoudre tons ees problèmes au lieu de les trancher à distance? »

Ce n’est pas en effet en nous opposant des exemples pris dans les siècles passés ou recueillis au fond de la Russie que l’on peut hâter la solution de ces questions. Nous sommes comme des adversaires qui cherchent à régler leur querelle hors de la portée de leurs armes. Ce que l’on a dépensé de recherches, de talent et <le temps pour ne pas aboutir dépasse toute vraisemblance.

MALADIE DES YEUX

La guérison de M. Lasserre. — Un jeune enfant guéri de kératite interstitielle, les yeux avaient perdu leur transparence. — Le Père Hermann, glaucome. — Vion-Dury, double décollement de la rétine, aveugle depuis huit ans. Guéri instantanément avec quelcpies gouttes d’eau de Lourdes. — Guérisou constatée jiar un médecin protestant, discutée à Paris au congrès des oculistes. — Aubert, aveugle depuis quatorze ans. Œil brCdé par l’acide nitrique, sa guérisou à Lourdes le 21 août 1897. — M‘"® Pénot, d’Hyzeures, lésion de la rétine constatée par les premiers oculistes de Paris. Sa guérison à Lourdes en 1897.

A guérison des aveugles et de toutes les variétés des maladies des yeux forme un des chapitres les plus intéressants de l’histoire de Lourdes. Ces lésions diverses par leurs causes et leurs symptômes, nous donnent un abrégé de toute la pathologie humaine.

On a voulu, avec l’amaurose nerveuse, donner la solution de ces modüications surprenantes. Le vice de ce raisonnement se trahit de lui-mème, et toute réfutation est superllue. Sans doute, il y a des cécités nerveuses. Le champ visuel peut se rétrécir, la notion des couleurs se perdre ou s’altérer. Mais il s’agit bien de cela !

Nous sommes en présence de décollements de la rétine, d’atrophies de la papille, de ces inllammations profondes de la cornée

LKS CRANDES GUERISONS DE LOURDES

sur la(j[uclle toules les diathèses viennent mar([uer leur empreinte. La disparition instantanée d’une lésion organique de l'œil est lin fait au-dessus des elForts de la seience et de la puissance de la nainre.

La guérison de M. Lasserre

La guérison de ]\L Lasserre nous a valu l’ouvrage de Notre- JJame de Lourdes.

Nous ne pouvons reproduire ici « ce récit surhumain, tracé en slyle magique ». (Diday, examen médical.)

Nous allons le résumer en ses parties essentielles.

Henri Lasserre avait une hypérémie, une congestion de la papille. Les deux oculistes les plus distingués de l’époque : les Démarrés et Giraud-Teulon, après avoir constaté la lésion de la rétine, avaient mis tout en œuvre pour en arrêter le développement. Le repos absolu des yeux, le séjour à la campagne, l’hydrothérapie, les toniques, tout avait été fait et tout était resté sans effet. Peu à peu, la vue s’affaiblissait, et les yeux avaient fini par refuser leur service. Plusieurs mois s’étaient écoulés dans ce triste état. Le malade avait de sombres pressentiments, et dans son entourage, on ne se dissimulait pas que sa vue était perdue.

C’est alors que, sur les conseils d’un ami, d’un protestant, Henri Lasserre se fait apporter de l’eau de Lourdes. Il mouille successivement ses deux yeux et son front: mais à peine a-t-il touché de cette eau miraculeuse les parties malades, qu’il se sent guéri tout à coup, sans transition, avec une soudaineté qu’il ne peut comparer qu’à celle de la foudre. Vingt-huit ou trente ans se sont écoulés depuis sa guérison. Sa vue est parfaite. Ni le travail le plus soutenu, ni les longues veillées ne l’ont fatigué.

MALADIE DES YEUX

KÉRATITE INTERSTITIELLE

Le& yeux ont perdu leur transparence

En 1887, nous avons vu à Lourdes, pendant le pèlerinag-e national, nn entant de onze ans à peu près complètement aveugle, Georges Tillard, rue du Faubourg-Saint-Denis, 7a. L’œil gauche ne percevait aucune lueur, et l’œil droit distinguait à peine la nuit du jour. Il fallait le conduire par la main, le faire manger.

Il était dans cet état depuis deux ans.

Sa mère, qui nous le conduit, nous dit cpi’elle a perdu ciin{ enfants morts dans la première enfance. Le père est dans un asile d’aliénés. Il ne lui reste que cet enfant : il est aveugle.

Les deux cornées ont perdu leur transparence, elles ont cet aspect piqueté, rugueux, dépoli, C]ui caractérise la kératite interstitielle; elles ressemblent à des billes de marbre. D’après les antécédents, la nature spécifique de la maladie paraissait suflisamment établie.

Au sortir des piscines, cet enfant retrouve subitement la vue. Toutes les personnes cpii l’entourent constatent le fait, et une foule nombreuse l’accompagne jnscpi’au bureau des médecins.

Non seulement l’enfant peut se conduire seul, mais il distingue les objets les plus fins, le mouvement d’une petite aiguille à seconde. En examinant les yeux à la loupe, nous remarquons que la cornée a retrouvé son poli, sa transparence. Il y a par places <|uelcpies taches, quek|ues légers nuages qui n’ont pas entièrement disparu, mais la plus grande partie de la cornée est débarrassée, la lumière peut pénétrer jusqu’aux parties profondes.

Si on peut guérir d’une kératite diffuse par un travail de résorption lent qui dure des mois ou des années, on n’en guérit jamais instantanément.

Nous avons revu cet enfant à l’asile Saint-Charles, rue de Sèvres, il suivait les cours de l’école, il lisait, il écrivait sans dilliculté, sa vue était normale.

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