‹ Les grandes guérisons de LourdesChapitre 48 sur 88 · I.KS (;HAM)KS CTJKIUSONS DK I.OrHDKS · texte numérisé non relu

I.KS (;HAM)KS CTJKIUSONS DK I.OrHDKS

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pauvres enfanls. Il avail neigé, cl il Taisait très IVoid. Mes mains eollaicnl après les roues de ma voilure (pie j’essayais de jiousser ]K)ur aider la hèle. Dans la malinée, j’avais eu pour loule Tortune deux ou (rois pelils sous et un moreeau de pain. Je m’élais arreté dans un elieT-lieu de eanton... je ne sais plus... le ]>lus proche de Tarare. C’étail uu dimanehe, (juehpies instants avant la messe. Je me trouvai, moi et les miens, à moilié gelés, sur la voie publique, mon chapelet dans les doigts, lorsipie deux gendarmes vinrent me signifier d’avoir à décamper de suite. Le curé de l’endroit, qui avait tout vu, et mon chapelet et les gendarmes, vint aussitcît prendre ma délense : — Cet homme ne mendie pas, dit-il, il prie, vous ne lui pouvez rien. Aussitôt les gens de la messe, qui avaient tout entendu, vinrent à moi, et sou par sou, remirent à ma femme la somme de 17 francs. Je fus sauvé.

(( J’étais loin toutefois d’être au bout de mes peines. Il fallait aller de l’avant. Le lendemain, après plusieurs heures de marche, à travers des routes couvertes de verglas et de neige, nous sommes arrivés dans un état pitoyalile au pied du mont Sauvage. Là, vaincu par la fatigue, me sentant seul, abandonné des hommes avec les miens, je m’agenouillai dans la neige. Ma femme pleurait comme une INIadeleine à mes côtés. Elle était encore plus découragée que moi. Ne sachant comment sortir de mon épreuve, je priai, je priai, je priai; et (juaiid j’eus bien prié, /e /?6* ma résignation. Je dis au hou Dieu que je remettais tout dans ses mains et qu’il ne pouvait pas m’abandonner.

« Puis, inc retournant vers ma pauvre femme, qui éclatait en sanglots, je lui dis : « Prends courage, ma femme! avec de la <( patience et de la soulfrance, nous arriverons à sortir d’où nous <( sommes. ^la iiicrc le disait sans cesse : Au milieu des peines, il « faut prier; JJien est toujours là! Tu l’as vu hier, quand je me « Irouvais devant l’église. Du courage, va! »

« Il était fort tard dans la soirée lorsque nous sommes arrivés, apres mille peines, à mi-chemin de la montagne, où nous avons rencontré une maison de pauvres gens qui ont été pour nous une vraie Providence. Ils ont dételé l’ànc pour le mettre à l’écurie, et

MAI-ADIE DES YEUX

le leiulemain malin, sous une remise, ils sont venus voir si nous n’élions pas gelés, avee du vin cluiud à la main. »

Au lieu (lésa résignai ioji, Anl)erl aurait dû dire sa conversion. Il a été depuis ce momcnl un chrélicn convaincu, pralicpiant avec sincérilé.

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La Providence (pii n'aliandonnc jamais ceux (j[ui prient devait encore se manifester envers Aubert, plusieurs années après, sous la forme d’un bon curé, et c’est à cette rencontre (pie se rattachera ensuite sa guérison.

C’était il }' aurabientôt cin(| ans, dans les derniers Jours d’octobre, uu soir vers les huit heures et demie, à Blandy-les-Tours, dans le diocèse de fléaux (Seine-et-Marne). La recette avait été nulle ce jour-là, et le pauvre aveugle n’avait rien dans sa poche. Il a donc recours au grand et elFieace moyen de la prière, et dans sa pauvre roulotte, arrêtée sur la place qui entoure l’église, il prie à haute voix avec sa femme et ses enfants, il récite le chapelet et puis le Som'enez-i'ous. Comme la prière s’achevait, on frappe à la porte de la voiture et un prêtre apparaît. C’était M. l’ahhé Le Guillou, alors curé de Blandy. Le presbytère étant éloigné de l’église, il allait tous les soirs s’assurer que toutes les portes de l’église étaient liien fermées. Ce soir, il aperçut la petite roulotte, et, s’étant approché, il avait entendu la voix de la prière: il avait reconnu aussitôt une famille sans doute misérable, mais du moins chrétienne. « Tenez, dit-il en souriant et en remettant à ces malheureux une pièce blanche, voilà ce que vaut la prière. » 11 disparaissait ensuite, mais pour revenir bientôt, portant du pain etune bouteille de vin.

INI. l’abbé Le Guillou voulut revoir le lendemain cette pauvre famille; ayant alors mieux constaté sa profonde misère, il se préoccupa de lui venir en aide sans délai, et il ne l’a plus abandonnée depuis ce moment. Il voulut qu’elle prît comme un domicile dans sa paroisse, et un grand nombre de fois par an, il la

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