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cl les chocs iiiévilahles, tout scinhiail rendre une [)areille lenlalive iinpralicahle, et il nous eûl élé impossible de la mener à bonne lin sans le secours bienveillant des membres de riIos|)italité de Notre-Dame de Lourdes cpii, avec un dévouement dont je ne saurais trop les remercier, voulurent bien nous venir en aide. (IrAce à leur assistance, nous pûmes transporter noln; chère malade aux piscines. Là aussi, elle trouva chez les Dames hospitalières une charité et des soins exi>érinientés qui diminuèrent d'une manière sensible les soullVances plus ou moins inévitables de rimmersion dans l’eau miraculeuse.
Pendant plusieurs semaines, nous continuâmes à la porter aux piscines à des intervalles assez rapprochés. Mais, vers la lin de novembre, je fus forcé de reconnaître que les bains n’avaient pas produit l’ellèt que nous espérions. La tuméfaction, l’empâtement, la lièvre cpii avait un caractère intermittent très marqué, la grande sensibilité à la pression et au moindre mouvement, les douleurs lancinantes siégeant profondément dans l’abdomen et ne cessant ni le jour, ni la nuit, la llexion encore plus marquée du membre inférieur, la lluctuation profonde dans la fosse iliacpie, l’altération notable de la santé générale, la perte de l’appétit, le sommeil agité, montraient clairement que le mal avait pris un caractère plus grave, et je ne doutais plus de la formation d un abcès dans la fosse iliaque.
Le tableau des complications et des dangers auxquels ma tille était exposée se présentait constamment à mon esprit, et c’était, pour moi, un sujet d’angoisses continuelles. Beaucoup de personnes amies et plusieurs de nos parents m’engageaient avec instance à avoir recours, sans plus tarder, aux moyens naturels. Un de nos amis, médecin à Paris, auquel l’état de la malade fut communiqué pas une lettre, insistait avec énergie sur la nécessité d’une intervention chirurgicale immédiate, en faisant ressortir tous les dangers de la temporisation. Tous ces conseils, inspirés par une charité et une sympathie évidentes, étaient, en outre, d’une sagesse parfaite, et mon seul devoir, comme médecin, devait me pousser à les adopter; mais, malgré tous les raisonnements, je me sentais de plus en plus entraîné à persévérer dans la voie Cfue nous avions suivie jusqu’ici, c’est-à-dire à nous abandonner entièrement à la miséricorde de Notre-Dame de Lourdes. Je m’y décidai d’autant plus volontiers que c’était Tardent désir de la malade et de sa mère; car leur foi et leur confiance n’avaient pas été ébranlées par l’insuccès de plusieurs neuvaines de jjiscines et de toutes les prières qui avaient été dites jusqu’à ce jour. Tout en sentant vivement le poids de ma responsabilité, je résolus d’ajourner tout recours aux moyens naturels jusqu’après la fête de l’immaculée Conception, et nous commençâmes une neuvaine de piscines et de prières à l’occasion de cette grande fête.
Le cœur plein de foi et d’espérance, nous reprîmes donc le chemin de la Grotte. Le transport de la malade était devenu de plus en plus pénible, et ce long trajet était pour elle une source de cruelles souffrances ejui, dans les derniers jours surtout, furent presque intolérables; mais elle était résolue à tout supporter. Le 8 décembre, nous fîmes la sainte communion aux intentions de notre cher malade, et je constatai, lorsque je l’examinai dans la matinée, cjue, quoiqu’elle eût toujours la même foi et la même contiance en la bonté de Notre-Dame de Lourdes, elle n’avait aucun pressentiment qu’elle serait guérie ce jour-là. La marche de la malade, du reste, envisagée au point de
lÆS GRANDES GUERISONS DE LOURDES
vue luéilical, rendait un pareil rtisullal de moins en moins i)robable. L’clal n’avait fait que s'a}î<îraver. I.a lièvre n’était j)lus intermittente, mais continuelle dei)uis trois jours, les douleurs étaient intenses, lesnuits presque sans sommeil. Des nausées constantes et un ballonnement abdominal fort pénible s’y étaient ajoutés depuis deuxijours. La malade repoussait toute nourriture. Tout cela avait produit chez elle un accablement notable, et son état me paraissait très inquiétant, lorsque nous la IransportAmes aux piscines dans l'après-midi du 8 décembre. Après l’immersion qui s'était faite sur un drap, comme d'habitude, il lui sembla que ses douleurs avaient un peu diminué, mais ladilléreucc étaitsi faible qu’elle n’osa pas en parler. Nous la ramenâmes tristement à la maison. La nécessité d’une opération chirurgicale nous paraissait plus évidente que jamais. Nous y j>ensions tous en silence.
Dans la soirée, vers huit heures, pendant que nous faisions la prière en famille, ma lille nous dit, pour la première fois depuis bien des jours, qu’elle avait envie de dormir, et nous la vîmes bientôt s’endormir d’un sommeil calme qui dura, sans inlerruplion, jusqu’à huit heures et demie le lendemain malin. A son réveil, elle déjeuna de bon appétit; mais lorsque je lui demandai si elle se sentait mieux, elle ne voulut pas répondre à ma question et me pria de l’examiner, alinde m’assurer par moi-même de son état. Je le lis sans tarder et je constatai bienlot,à mon grand étonnement, que le pouls était calme, la température normale, l’abdomen souple, qu’il n’y avait plus d’enllure, ni de sensibilité à la pression et que la malade pouvait s’asseoir et se retourner dans son lit sans la moindre douleur, en un mot, qu’il n’y avait plus de trace appréciable de l’état si grave que j’avais constaté la veille. Ma lille sentait qu’elle pouvait marcher, mais, cédant à un sentiment de prudence qui me parait aujourd’hui exagéré, je la gardai au lit ce jour-là. Le lendemain malin, lo décembre, après un nouvel examen qui ne révéla absolument rien d'anormal, je la lis se lever et marcher dans la chambre. Elle le lit sans aucune diUiciiUé, comme si elle n’avait jamais été malade.
C’était une guérison et une guérison complète. Mais elle s’était faite d’une manière et dans des conditions qui lui donnaient un caractère spécial et la mettaient au-dessus de tout ce que l’on peut voir dans la pratique ordinaire de la médecine. En présence d’un pareil fait, on ne peut s’empêcher de se demander ce qui a pu se passer pendant cette nuit, pour nous inoubliable, fin 8 au 9 décembre 1896. Comment une telle transformation s’est-elle opérée’.^ Comment un abcès de la fosse iliaque, avec tous les symptômes et les signes palpables qui l’accompagnaient, a-t-il pu disparaître en quelques heures, sans rupture extérieure, sans évacuation de matières purulentes j)ar les voies naturelles, en un mot, sans laisser de traces? Il y a là, pour moi, un phénomène qui échappe à toute interprétation purement médicale et que je ne puis attribuer qu’à une intervention surnaturelle. Pour ceux qui, comme moi, ont eu le bonheur tle voir, de leurs propres yeux, les choses merveilleuses qui se passent à Lourdes, l’hésitation n’est pas possible ; on ne peut expli(juer un pareil fait qu’en remontant jusqu’à Celle par qui on obtient toute grâce, c’est-à-dire à la Reine du Ciel : et, devant une telle manifestation de sa puissance et de sa miséricorde, il n’y a qu’à se prosterner et à remercier. Aussi est-ce avec un sentiment de profonde reconnaissance que je viens aujourd’hui faire connaître la faveur insigne dont ma lille a été l’objet. J’ai cru devoir laisser passer un certain délai avant d’en parler; mais, comme
PI.AIES HNTKHIEUHKS
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depuis le <) décembre iSyli, aucune trace de lu maladie n’a reparu, il iuî uuï paraît plus possible de douter de la guérison com])lète et absolue. Je ne veux donc pas tarder plus longtemps à en faire la relation, avec tous les détails qui m’ont paru nécessaires, et à ajouter ce nouveau fait à la liste déjà longue des bienfaits de Notre-Dame de Louriles.
D- Cox.
JEAN DEBROÜWER
{Pèlerinage belge. — Mai iS(j4-)
Parmi les malades du pèlerinage réunis à Charleroi le i5 mai, im Jeune homme attirait particulièrement l’attention. Etendu sur un lit de 1er amarré près du train spécial, il paraissait en proie à de vives soulîrances. Les traits de la ligure étaient contractés, le teint livide, les lèvres violacées. La maigreur de la face contrastait avec le ballonnement énorme du ventre soulevant les couvertures de laine blanche. Oppressé j)ar la toux, le malade tenait en main un mouchoir rouge de ses crachats...
11 venait d’arriver en gare de Charleroi. Aux approches de midi, on avait appelé le directeur de l’ambulance pour débarquer un « grand malade ». Un prêtre lui dit : « C’est Jean Debrouwer, d’Audenardc, que J’amène sur un lit, dans cette voiture. » — Le directeur consulta son dossier : « Debromver, vingt-neuf ans, malade couché, compartiment n° 3. » Rapidement aussi il lut le certificat épinglé sur la farde : « Je, soussigné, Charles A'anButsele, docteur en médecine, déclare que DebrouAver Jean est atteint de péritonite tuberculeuse... Audenarde,2 mai i8p4- — Van Butsele... »
Quelques instants avant le départ, un jeune médecin de Charleroi, le D‘ M. Renoir te, vint voir Debrouwer dans le fourgon où on l’avait placé. Frappé de l’état de dépression profonde du malheureux, il déclara qu’à son avis il n’arriverait pas au terme du parcours.
Le long convoi s’ébranla... Ou devine combien fut pénible le
M:S (iUANDES GUÉRISONS DE LOURDES
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voyage dcDcbi oinvcr ! Les (loiiloureiixeahots du Irain, les secousses plus violent CS à cliaquc aiTÔt, le vacarnic des roues se répercutant dans le cerveau Tatigué, tout cela exaspérait les soudrances de ce pauvre corps martyrisé. De toute la durée du trajet, Debrouwer ne prit (pi’uu peu d’eau et de vin et quelques fraises (|ue des mains douces et compatissantes étaient venues lui offrir. Sa faiblesse était extrême : et malgré tout, durant l’épouvantable roule, Debrouwer fut d’un courage admirable, nullement exalté, très calme au con- Iraire, 1res maitre de lui dans la placidité de son tempérament de Flamand...
Le malade était brisé, quand, le lendemain soir, on arriva en gare de Lourdes. Avec mille précautions, les brancardiers le déposèrent sur une civière pour l’emporter à l’hôpital de Notre-Dame des Sept-Douleurs; mais ils furent obligés de le porter à bras...
Les brancardiers ne quittèrent l’hôpital que lorsque les derniers malades se trouvèrent installés... Soudain Debrouwer fut envahi par une immense tristesse. Le passé disparu, toutes les années écoulées s’évoquèrent devant lui...
A l’àge de dix-sept ans, il travaillait à Llseghem, chez le cultivateur Camille de Menhemuster. C’est là qu’il fit un jour, le décembre 1880, une chute terrible. Monté au sommet d’une échelle, il fut renversé avec elle et projeté sur le sol, lourdement, le ventre aplati sur un monceau de pierres. On l’avait transporté chez lui, et il y était resté alité, pendant six mois, dans une immobilité complète, pour laisser se refaire les tissus déchirés, les organes disloqués par la chute.
Quand il put se lever, la douleur subsistait toujours, avec les lésions internes, ces terribles déchirures que les praticiens devinent plus qu’ils ne les touchent, <[ui demeurent rebelles à toutes les médications, invisibles dans les profondeurs abdominales...
Pendant un an et demi, Jean se traîna appuyé sur une canne, l’appétit perdu avec un commencement de toux. jMais l’inaction lui pesait, à lui campagnard à l’esprit positif et pratique ; il offrit donc ses services à Camille de Waole, boucher à Audenardc, (pii l’employa pour faire les courses et porter la viande en ville, aux clients.
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(^uohjues inois[)lns lard, il lui de nouveau l)i‘us(jueiueul leirassé par la maladie. Cela avait eouuueueé par uu malaise g'éuéral (pii riait devenu de la lièvre: une deuxième lois, il avait ressenti dans les régions abdominales des crampes atroces, et vite il avait lallii le trans|)orler a 1 hôpital et lui administrer les derniers sacrements : dès lors, cet asile de charité devint sa résidence habituelle. Par intermittence seulement, il en sortait pour aller s’employer chez
son patron, (pioiqii il toussât plus Tort et (|ue du sang eommeiKtàl à se mêler aux eraehats.
Pendant imede ses sorties, leddécembre 1890, il lutpris soudainement par nneviolenle hémorragie et cracha du sangà pleine bouche. Celte lois-la aussi, on l’avait administré, mais ce n’était pas encore
la tin...
Le O janvier 1892, il était retourné à Audenarde avec l’intention de se remettre au travail. Mais dès le surlendemain de son arrivée, il tut obligé daller Irappcr a la porte de rii()pital, et, depuis celle date, Jus(|u au Jour de son départ pour Lourdes, il n’en était plus sorti. Une pneumonie s’était déclarée, puis les douleurs avaient recommencé plus intenses dans le ventre ballonné, et les crampes déchirantes, et les vomissements de bile et de sang; les Jambes ensuite avaient été prises d’engourdissement ou de paralysie, et 1 estomac rebelle avait lini par refuser tout aliment solide. Depuis Janvier 1898, il n’avait plus quitté le lit...
La religieuse (jui le soignait, dévouée et compatissante, av^aitbeaii lui balbutier des paroles d’espoir, comment y aurait-il cru ? cela avait duré trop longtemps.
Un Jour cependant, un espoir de guérison lui était venu. Il av'ait entendu parler de Lourdes, de guérisons prodigieuses que la Vierge opérait la-bas. Déjà plusieurs de ses compatriotes avaient retrouvé la santé en recourant à l’intercession de la Madone, la plupart pauvies comme lui ; et 1 idée lui était vienne de demander aussi sa guérison a Notre-Dame de Lourdes, d’aller la demander à Lourdes meme, au bout de la b rance. Et il avait commencé une neuv'aine puis une seconde, et puis d’autres encore, pendant des semaines.
Une première fois, il s’était hasardé adiré son désir à l’aumônier
GUÉRISONS riE LOURDES
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LKS GRANDES GUERISONS DE LOURDES
qui passai! (i), cl l’aunioDier avait souri (levant tant de candeur,.. Jean était revenu à laeliargc, il avait insisté, et un malin raunnjnier était venu lui annoncer (ju’il s’en irait à Lourdes avec le pclerinaj^e du i5 mai.
Ail ! l’cspérancc lui était revenue ce matin-là, inliniment doiiee et assurée !... Enün était arrivé le jour du i5 mai, date du départ si ardemment désiré... 11 était parti, il était arrivé après un douloureux voyage. Quelques heures encore, et il la verrait, la Grotte bénie, il irait prier là où Bernadette avait vu la sainte Vierge ; et alors la eonsolation rentra au cœur de Jean, et l’espérance cliassa la triste mélancolie qui l’avait envahi pendant (|u’il parcourait l’histoire douloureuse de sa pitoyable jeunesse...
Il était près de dix heures quand on put conduire les malades à la Grotte pour la première fois. Jean savait que les malades descendaient dans une piscine emplie de l’eau miraculeuse qui avait jailli sous la main de Bernadette. Mais les brancardiers chargés de sa personne, remarquant combien le moindre mouvement imprimé à son corps était douloureux, n’osèrent point le soulever de son grabat pour l’étendre sur les sangles. L’un d’eux se contenta de lui laver les membres malades au moyen d’une éponge trempée dans l’eau de la piscine. Malgré les instances du malade qui désirait qu’on le descendit dans l’eau, on se tint surla même réserve le jeudi après midi et le vendredi malin.
L’état de Jean restait cependant stationnaire. Le Royer de Lens Saint-Rémy qui l’examina le vendredi à midi, constata : « que le ventre était toujours régulièrement distendu, (ju’il était tendu et résistant, que la palpation la plus délicate et la percussion la plus légère faisaient soulTrir le patient. » Il paraissait évident au l)‘‘ Royer ({u’il existait uii état inllammatoire d’une certaine intensité, étendu à tout l’abdomen. Le malade accusait parfois de légers frissons et se
(1) M. l’abbé Stcrchz.
PLAIES INTICRIETJHES
plaignail de céphalalgie; la loiix persistait. L’appétit d’ailleurs était mil: Dehrouwer ne prenait qn’un peu de vin et de bouillon... Le vendredi, i8, a deux heures et deinie, Jean lut porté à la piscine jiour la quatrième lois. Il supplia de nouveau qu’on le laissât descendre dans 1 eau ; mais il sc heurta au même refus, inspiré par la crainte de le faire trop soutlrir. Pendant qu’un brancardier faisait les lotions habituelles, Jean d ordinaire si calme, manifesta suliitement la dou-
leur la plus vive par sa figure crispée, ses bras tordusetles plaintes qui s’échappaient de ses lèvres décolorées. On l’emporta pour le déposer devant la Grotte. Mais il demanda bientôt après de retourner à la piscine, disant aux compatriotes qui l’entouraient qu’il se sentaitmieux, qu ilallaitguérir.. .Ses porteurs, émus de compassion, 1 amenèrent à l’abri des pèlerins; ils emportèrent avec eux une éponge et une bouteille remplie d'eau de la source.
La vaste .salle de l’Abri était déserte. Les quatre brancardiers sc mirent à réciter les invocations habituelles : « Notre-Dame de Lourdes, guérissez-nous pour l’amour et la gloire de la sainte Trinité... Notre-Dame de Lourdes, guérissez-nous pour la couver-
lÆS (iUAM)KS (U KIUS()A\S DK LOCHDES
sion dos pôdieurs... » Jean ('devait scs mains jointes devant la slalne de la Viei-i^c et priait avec nnc fervenr poignante.
()nand les bi’ancardicrs eurent aehev(3 les invocations, snbitcmcnt Jean se relonrnc vers eclni(pn vient de l’éponger : « Je suis guéri, dit-il, je ne sonllVc plus, je vais me lever. Ob ! que la sainte A’ierge est bonne! » Rejelant ses couvertures, Jean se lève et SC inel à mareber. Les mains jointes, il s’approche lentement de la statue de Notre-Dame de Lourdes, s’agenouille sur un banc, étend les bras en croix et demande qu’on commence la récitation du ebapclct.
Les brancardiers (i), bouleversés jusqu’au fond de l’àme par l’étrange speetaele de cet homme secouant les cliaînes qui le retenaient à son grabat et reprenant subitement la liberté de ses mouvements, sanglotaient et priaient d’une voix étoulfée par l’émotion.
La cinquième dizaine terminée, Jean se leva de nouveau et marcha encore. Alors seulement, stupéfaits, ses compagnons remarquèrent (juc l’énorme gonllement abdominal s’était évanoui. Jean leur répéta rpi’il n’éprouvait plus aucune douleur. Fou de joie, il aurait voulu tout de suite faire partager son boidieur à d’autres, montrera tous les pèlerins venus à Lourdes avec lui qu’il était guéri, que leurs prières étaient exaucées... Mais le salut de (juatre heures allait commencer. Il n’était plus temps de retourner à l’impilal pour y chercher le costume complet que Jean Debrouwer, escomptant la guérison avec la prestigieuse divination de la foi, avait emporté à Lourdes avec lui.
Jean se laissa donc remettre sur le brancard, et, après le salut, il fut préscidé au Bureau des constatations. Le D>' Boissarie était présent ainsi (pie le D>' Boyer et le D‘’ Gajus, de Lyon.
(!es patriciens interrogèrent et examinèrent Debrouwer. Ils constatèrent : (( (pic le ventre, parfaitement souple, avait diminué de volume, au point (pic le caleçon (pii était auparavant à sa taille, était devenu trop large de trente centimètres; la pression n’ocea-
(1) MM. riil)l)c Hcyviicrt, Acliillc Van In, GoJenne et l'autciir de ce récit.
l'KAlKS INTKIUKl’HKS
siüunail plus aucune (louleui*. Le I)' (lajus, de Lyon, examina aussi la poilriue el déclaca ne eonslalei* aucune lésion des organes <pii y soni eonlenus. »
L’examen lcrminé, J)el)romver relourna à l’iiôpilal. Il en élait sorti inlirme; il y rentrait guéri... Il demanda ([u’on lui servit à manger et lit un repas composé de houillon, de viande cl de pain <pi’il supporta parlailemcnt.
La nouvelle de la guérison du « malade du Iburgon » s’était répandue parmi les pèlerins. On félicitait Jean, on partageait sa joie, on recommandait à ses prières d’autres malades.
... Quand, le dimanche après midi, les mêmes médecins eurent procédé à un nouvel examen et constaté la guérison complète, les deux ou trois cents personnes massées devant le hureau, firent une ovation enthousiaste au privilégié de la sainte Vierge. C’étaient des acclamations sans tin : « Vive Notre-Dame de Lourdes! Gloire à Notre-Dame de Lourdes !... »
Plus tard, à la chapelle de l’hôpital, ou chanta eu chœur le Magnificat...
La guérison était radicale, et lellemcnt subite que Jean avait par moment peine à y croire. La douleur, l’alfreusc compagne de sa jeunesse, l’avait quitté; les organes où elle avait été installée à demeure, avaient retrouvé la santé...
Au départ de Lourdes, Jean prit place dans un eompartiment ordinaire, et son lit, devenu iuutile, resta vide au fourgon.
La nouvelle de sa guérison, télégraphiée en Belgique, y faisait déjà le tour du pays, véhiculée parles journaux catholiques, peuplant que les pèlerins étaient encore sur le chemin du retour.
A l’arrivée du train à Charlcroi, une foule considéral)le élait massée sur l’asphalte de la gare. Le D‘‘ Renoirte qui avait vu Dehrouwer le jour du départ, se trouvait parmi les curieux. Il fut «tupéfait en voyant Dehrouwer sauter lestement d’un comparti-