‹ Les grandes guérisons de LourdesChapitre 75 sur 88 · L.V SUGGESTION' A LOUHDKS · texte numérisé non relu

L.V SUGGESTION' A LOUHDKS

(jui (,'l)ranlail tout aiilour d eux, ces aeclainalioiis (jiii reniplissaieiit 1 aie, ces iiiicaculcs (jiii (Icülaienl sous leurs yeux eoiuuie une vision du ciel, lout cela aurait ressuscite des agonisants, galvanisé des cadavres. Nous touchions aux dernières limites des émotions humaines, au delà ce n’est plus de la terre. Nous avions eu le dernier mot de la suggestion religieuse.

Huit ou dix malades sont venus faire constater leur guérison. Et la moyenne de nos procès-verbaux est restée à peu près la même <iue celle des années précédentes.

Le premier jour du pèlerinage, pas un malade ne s’était présenté dans notre bureau; cependant, en touchant ce sol de Lourdes, en approchant de la Grotte qu’ils entrevoyaient dans leurs rêves, qu’ils appelaient dans leurs désirs, ces malades avaient'toutes les puissances de leur àme en jeu, leurs émotions atteignaient leur maximum d’intensité.

Parmi les malades qui se sont levés, nous avons vu banny Pepper, de Villepinte, poitrinaire avancée; — Hélène Duval, atteinte d’une péritonite tuberculeuse : — Philomène Albrecht, d’Armentières, mal de Pott et tumeur blanche; — Joséphine Grosset, encore une péritonite tuberculeuse; — Irma Jacquart, affection cérébrale compliquée de paralysie; — Félicie Serreau, péritonite; — Jean Lacombe, mal de Pott, etc.

Mais tous ces malades n’étaient pas justiciables de la suggestion. Qu’étaient devenues, sous cette poussée irrésistible, les maladies nerveuses? Sur ce double rang de brancards qni remplissaient l’esplanade du Rosaire, il y avait bien trois cents nerveux. Pourquoi ne se sont-ils pas levés?

Si Lourdes, comme le prétend l’école de la Salpêtrière, est le rendez-vous de toutes les affections nerveuses, si nous avons des moyens de suggestion d’une puissance sans limites, il faut admettre un miracle à rebours pour empêcher nos malades de guérir. Ce serait un jeu singulier de la Providence, une véritable dérision!

Comment, avec toutes les maladies nerveuses que l’on nous octroie libéralement, avec des moyens d’entrainement sans pareils, nous compterions surtout parmi nos guérisons des affections de

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lÆS GRANDES GUERISONS DE LOURDES

poiU’iuc et des lésions organicpies : caries, tumeurs blanches, cancers, des aveugles et des sourds-muets, c’est-à-dire des maladies dans lesquelles la suggestion n’a rien à voir?

La contradiction est évidente. En vérité, nous assistons à la banqueroute de la suggestion, et ce résultat était à prévoir. Il y a longtemps que l’on a faussé toutes les notions médicales pour essayer de nous enfermer dans un dilemme dont les deux termes sont également faux.

Lourdes aura rendu un grand service à la science en la dégageant de toutes ces théories sans fondement.

Nous savons, et c’est là un point indiscutable, que l’hystérie est une maladie des plus graves, qu’on ne peut atteindre et modifier son principe, elle imprègne toute l’économie. Si ces manifestations se succèdent et disparaissent, elles se reproduisent avec une ténacité désespérante. Tous ces miracles de la suggestion sont des jeux d’enfants; le plus souvent, on exaspère plutôt qu’on n’améliore la maladie.

Ces réflexions se présentaient plus vivement à mon esprit à la lin du dernier Pèlerinage national. Je voyais combien la suggestion est une arme vaine aux mains de nos adversaires.

On n’avait pas trouvé dans la composition de Teau de nos piscines le secret de nos guérisons, ou ne devait pas le trouver dans l’entrainement <{ui nous environne. Lesguérisons se produisent en dehors de toute règle, à l’aller, au retour, sur des enfants inconscients, elles font défaut alors que nos cérémonies se déroulent dans toute leur pompe. En vérité, le programme de ces guérisons n’est pas écrit de main d’homme; chaque guérison est comme un poème divin où tout s’enchaîne et se justilie. Relisez le récit de la guérison de Jeanne Tulasne, de Tours.

C’est une des plus intéressantes dont nos annales fassent mention.

Jeanne avait un mal de Pott; couchée sur un matelas dans un long panier d’osier, on l’avait entrée, non sans peine, dans un compartiment de chemin de fer; à Lourdes on l’avait plongée trois fois dans la piscine sans aucun résultat, on la porte enfin devant

LA SUGGESTION A I^OUIIDES

l’église du Rosaire sur le passage du SaiiiL-Sacrement. Le visage eu larmes de sou père et de sa mère n’était plus éclairé par une aussi vive couliancc, seule la jeune tille espérait toujours. l’Arclievèque de Tours portait le Saint-Sacrement, il s’arrêta longtemps

C:>roline F.sserte.iu, panilysée depuis dix ans. Mgr Pie, de Poitiers, déclare que c’est un des plus grands miracles. Reconstitution instantanée des muscles détruits.

devant la chère malade, qu’il connaissait bien, dans l’espoir que le divin Maître prononcerait le mot que tout le monde atlendait et <[uc la foule réclamait à grands cris : « Guérissez-la , Seigneur. « Seigneur, guérissez-la! » et lentement, très lentement le Saint- Sacrement s’éloigna, emportant notre dernière espérance, seule la

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