LA SUGGESTION A LOURDES
Cette année, le pèlerinag-e d’Arras a vu tous ses malades g^uéris pendant la procession.
Lorsque les malades guérissent dans la piscine, ils ressentent dans leurs membres depuis longtemps paralysés, des sensations ^ iolentes, douloureuses, préludés du mouvement et de la vie qui reviennent instantanément. De même sur le passage du Saint- Sacrement, nous observons des commotions identiques qui semblent indiquer l’intervention d’une force supérieure.
Mlle Gimard, de Bordeaux, était paralysée depuis dix-sept ans au moment où le Saint-Sacrement arrive près d’elle, elle éprouve un sentiment indéfinissable, un mouvement de flot de vague la soulève sur son brancard : — Cette sensation, dit-elle, je ne puis l’oublier, ni l’expliquer; mais elle provenait certainement d’une force étrangère et supérieure à ma nature.
Lorsque Marguerite Savoye vint à Lourdes, c’était un cadavre que l’on portait sur un brancard : pcàle, sans voix, elle était elfrayante à voir: âgée de vingt-cinq ans, elle pesait quarante livres, le poids d’une enfant. Depuis six ans, elle n’avait pas quitté son lit, n’avait pris aucune nourriture solide.
Au moment de son départ pour Lourdes, son médecin déclarait qu elle avait quinze jours à vivre. Les docteurs qui la virent au Bureau des constatations n’osèrent pas la toucher, c’est à peine si 1 on percevait un souffle insensible ; il n’était pas question de piscine : personne n’eùt voulu la mettre dans l’eau. C’est dans ces conditions que Marguerite fut déposée sur son brancard devant la grotte, le vendredi i6 septembre, à neuf heures du matin.
Au moment du passage du Saint -Sacrement, une impulsion violente, irrésistible la soulève sur sa couche et la projette violemment à terre. Elle tombe d’une hauteur de o'",6o environ. Elle se retrouve à genoux au pied de son brancard, aussitôt elle se relève, s’avance sans appui. « Je suis guérie, » dit-elle à haute voix. Sa mère éperdue se précipite au-devant d’elle : « Je suis guérie. »
Ce jour-là meme, elle reparut au Bureau des médecins, non plus sur son matelas, mais debout et solide sur ses jambes. Elle était
GUÉniSONS DE LOÜKDES O',
LKS CaJANDKS GUKHISOAS DK KOUHDES
pâle, aiiiiiii^rie : iiiie ilamme illuniinaiL son rcgaid cl loul. scinhlail renailic eu elle. Une joie sans limile inondaiL .sonàine.
l']lle pesait (jnaranle livres, elle en pèse anjonrd’hni cent dix.
viiii»t-ein([ ans, sa eroissance a repris son cours et dans l’espace de ([uehpies mois elle a grandi de sept à huit centimètres. Dans ces conditions, ce ne sont plus des guérisons, ce sont des résurrections.
Tons CCS exemples nous rappellent par quelles manifestations il plaît à Dieu de récompenser les hommages qui lui sont rendus: c’est la réponse du ciel à la terre, c’est Dieu lui-meme (|ui nous apporte le témoignage direct de sa puissance et de son amour.
La Vierge de Lourdes a voulu faire de son pèlerinage son œuvre préférée, elle a jeté le surnaturel à pleines mains autour de nous, mais elle a voulu surtout conduire les foules aux pieds de son divin Fils, et son divin Fils est devenu le dispensateur direct du miracle et de la grâce.
Depuis dix ou douze ans, le grand rendez-vous pour les hommages à rendre à l’Eucharistie est à Lourdes. Ces manifestations limitées d’abord au pèlerinage national, ont été adoptées par tous les pèlerinages, elles sont en honneur chez tous les peuples et font partie désormais de toutes les grandes cérémonies religieuses, sur les pas de nos missionnaires avec le culte de Notre-Dame de Lourdes elles ont pénétré partout.
Le plus grand des miracles, c’est l’ovation faite au Dieu de l’Eucharistie par des foules de vingt et trente mille âmes, c’est cette marche triomphale du Saint-Sacrement deux heures durant, au milieu d’acclamations telles que rois ou empereurs n’en entendirent jamais.
Le récit des guérisons qni se sont produites depuis 1888 sur le passage des processions, forme une des plus belles pages cpii aient été écrites sur les merveilles encharisticjues.