‹ Les grandes heures (volume 2)Chapitre 6 sur 37 · CREDO · texte numérisé non relu

CREDO

55 août. Notre offensive générale n'a pu percer les lignes allemandes. — Nous avons dû nous replier et il nous faut attendre une chance meilleure.

Mais nous tous qui suivons de loin, haletants, au jour le jour, la marche mystérieuse du destin, qu'allons-nous dire et faire? Comment allons-nous pendant des semaines, des mois peutêtre, répondre aux assauts furieux qui seront — par un choc en retour des batailles — livrés à nos pensées?

Nous y répondrons par cet acte de foi, inébranlable et permanent, qui est le mien, dans lequel chacun de ceux qui ne se battent pas doit se tenir, et se boucler, debout, comme en une cuirasse :

Je crois au courage de nos soldats ^ à la science çt au dévouement de nos chefs.

LES GUANDES HKUlîES 57

Je crois à la force du droit, à La croisade des civilisés y à la France éternelle, impérissable et nécessaire.

Je crois au prix de la douleur et au mérite des espoirs.

Je crois à la confiance, au recueillement, au bon travail quotidicnji V ordre, à la charité militante .

Je crois au sang de la blessure et à Veau du bénitier, au feu de V artillerie et à la flamme du cierge, au grain du chapelet.

Je crois aux vœux sacrés des vieillards et à la toute-puissante ignorance des enfants.

Je crois à la prière des femmes, à l héroïque insomnie de l'épouse, au calme pieux des mères, à la pureté de notre cause, à la gloire immaculée de nos drapeaux.

Je crois à notre grand passé, à notre grand présent, à notre plus grand avenir.

Je crois aux vivants de la patrie et je crois à ses morts.

Je crois aux mains armées du fer et Je crois aux mains jointes.

Je crois en nous. Je crois en Dieu. Je crois, je crois.

Et jusqu'au bout, quoi qu'il puisse arriver, je ne cesserai de réciter cet acte de foi qui est mon cantique, ma litanie, mon Credo, mon Alléluia,

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