‹ Les grandes heures (volume 4)Chapitre 22 sur 33 · FLUCTUAT · texte numérisé non relu

FLUCTUAT

que. sous un ciel dont l'azur récèle la lemptUe, el taudis qu'à moins de vingt lieues est engagée la lutte suprême de géants qui décidera pour un siècle ou plus de notre sort et de celui des nations d'honneur.

Alors Paris, à la vérité, au-dessus des innombrables tableaux infîmes ou superbes qui le composent, reprend à ce moment sa figure de blason, son effigie traditionnelle et sacrée.

Sur l'océan de sa vieille histoire, soulevé depuis quatre ans, on revoit bondir, descendre et remonter la Nef. Sur ses couleurs ruisselantes de larmes et de sang se ravive en lettres d'or l'inébranlable devise : Fluctuât nec mergitur.

Et non seulement la Cité apparaît telle que l'insubmersible galère enluminée jadis dans nos chartes et nos missels, mais elle étend sur le champ des ondes qui la secouent — et la portent aussi ! — toute une flotte, une escadre de cathédrales, d'édifices, de palais, d'églises de haut bord et de barques-chapelles. Tous ces antiques monuments lancés autrefois, chargés de souvenirs, deviennent eux aussi « des vaisseaux » et toutes les tours, tous les clochers sont leurs mtits. Au milieu d'eux la puissante trirème, qui symbolise la Ville, se détache résolument tournée vers la tempête, et lui présentant en haut de son étrave sa figure de proue.

Suivons l'exemple de Paris. Attendons, comme lui confiants, recueillis et tenus par la foi, le moment où le général Foch pourra redire à nos âmes calmées « que le Ilot, de nouveau vaincu, expire sur la grève ».

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