‹ Les grandes heures (volume 4)Chapitre 23 sur 33 · LE CULTE INFERNAL DU MENSONGE · texte numérisé non relu

LE CULTE INFERNAL DU MENSONGE

22 juin 19t8.

Il ne faut perdre aucune occasion de prouver et de démasquer l'imposture allemande.

Chaque fois que celle-oi récidive, avec la même impudence, notre devoir nous enjoint de contreattaquer, non seulement par les protestations générales, mais en montrant, sans nous lasser, et d'irréfutable façon, toute la perfidie savante du déloyal ennemi.

Le dernier discours de Guillaume II dans la forêt de Pinon nous est un exemple nouveau — que beaucoup d'autres suivront sûrement — de cette mauvaise foi éhontée. Elle ne trompe plus personne, mais il convient cependant que nous la dénoncions toujours au jugement du monde en observant une persévérance égale.

Ce procédé usuel, cet emploi régulier et quotidien du mensonge par l'Allemand est quelque chose de très particulier et d'unique, sans précédents et sans équivalents à ce degré dans les annales de l'histoire ancienne et moderne. Le

mensonge religion, principe et liut. Le mensonge loi. Il n'y avait que lui, l'Allemand prussianisé, pour choisir celte conception , s'y attacher tout d'une pièce et s'en faire une règle, un catéchisme. On le retrouve et on le reconnaît là, aboutissant au dénouement logique de ses basses théories et de ses ambitions scélérates.

Relisez les paroles de l'empereur. Elles valent la peine, si horribles et révoltantes soient-elles, que nous les apprenions, pour les savoir par cœur, afin de les avoir toujours présentes à l'esprit, comme une leçon caraclérislique et amère qui ne s'oublie pas :

« Lorsque je vois les horreurs de la guerre « qui a détruit le foyer de milliers d'hommes et » a transformé en déserts atroces ces contrées » florissantes de la France, je songe toujours à » ce que la France aurait pu s'épargner de souf- » frances et de misères si elle n'avait pas » repoussé, d'une manière aussi insolente, mon )) offre de paix de 19 16. »

Ces quelques lignes, à elles seules, renferment tout le puissant et gros machiavélisme de la mauvaise foi teutonne. Elles l'expriment clans l'ensemble et dans le détail ; elles en indiquent les variétés, les nuances. Elles en sont un résumé parfait. Elles le suent. Pas une allégation, pas un mot, pas un sous-entendu qui ne soit un outrage à la vérité. Tout y ment, et avec l'aggravation i^rémédilée de l'heure, de la circonstance, des soupirs de comédie et de la tristesse de parade.

Page 1