‹ Les grandes heures (volume 4)Chapitre 9 sur 33 · DEUX TABLEAUX, UN MATIN II · texte numérisé non relu

DEUX TABLEAUX, UN MATIN II

lique regorgeait pourtant d'une foule immobile, occupée — et clouée, elle aussi — par la prière, par la douleur. Le recueillement, le proslcrnement, l'union, l'accord de ces milliers de fidèles rassemblés là, massés à cet autre « front >, ce matin du Triduam, dans un but, et quel but! d'imploration déterminée, révélaient une puissance d'espoir et de certitude invincibles. Tout comme, sans ge connaître, ils disaient côte à côte les mêmes prières, ainsi leurs pensées ardentes, leurs désirs obstinés étaicnl-ils les mêmes! Tous ces esprits blessés, toutes ces âmes mutilées voulaient le salut de la France, la victoire de la France, et la paix, mais avec l'honneur. Il suiïisait, quels que fussent le rang et la condition,... homme, femme, vieillard, enfant, jeune fille, infirmière laïque ou sœur de charité, religieux à soutane ou soldat à bissac de pèlerin, aveugles ou amputés, épouses ou mères en voiles de deuil... il suffisait de les regarder l'un après l'autre, pour voir chez tous, à l'expression résolue de leur visage, de leurs yeux levés ou baissés, que c'était cette grâce-là seule, et pas d'antre, celle de la justice divine, que leur creur en lambeaux réclamait et saurait obtenir du Cœur Suprême éternellement transpercé.

Page 1