‹ Les grandes heuresChapitre 15 sur 74 · NOTRE OFFICIER · texte numérisé non relu

NOTRE OFFICIER

soldat battu a la crainte et Thorreiir du chef détesté, il ne le prend pas sur son dos quand il tombe, il le laisse râler tout seul. Et dans la fournaise il n'a plus qu'une idée : fuir ce maître odieux qui ne fut jamais son conseil, son ami, pour se rendre vite au troupier de France dont il se sent le camarade secouru, à l'heureux combattant de cette grande et douce armée où Jofîre et le dernier fantassin se parlent avec des yeux clairs de tendresse et de joie.

LA .lOlJRNl'E DES MORTS

30 oriobre 1915.

Depuis quinze mois c'est tous les jours le Jour des Morts. La fête que l'on célèbre en ces heures commémoratives n'apporte donc rien de nouveau à nos pensées et celles-ci n'ont pas besoin pour se mettre en deuil que le 2 novembre les assombrisse. H y a trop longtemps qu'elles vivent avec les morts et ne les quittent pas, ne pouvant s'arracher à leur compagnie. Prescrivons-nous du moins, à cette date anniversaire, d'immobiliser pendant quelques minutes les idées pjessées et rapides, les réflexions inégales, tumultueuses, que suscite en nous la vue intolérable de tant de disparitions, et de les considérer sans désordre, en une sorte de calme examen. A chaque seconde de notre existence actuelle nous courons dans le sillage et le vent des morts et nous avons de la peine à les suivre, tant ils vont vite, oin, et haut... Faisons halte

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