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L UNITE

séparés. Tanl que n'aura pas clé obleiiu dans toutes les sphères civiles du peuple, de la bourgeoisie et des hautes classes, l'esprit de bonne volonté patriotique, de sacrifice et d'entier renoncemeul aux éternelles jalousies et aux vieux griefs... l'union souhaitée hésitera, traînera, partira mal et n'aboutira pas. Ce n'est pas d'en haut qu'elle doit venir pour descendre... mais d'en bas qu'elle doit gagner les sommets, car rien n'est susceptible de réussir que ce qui s'élève et monte. Ainsi donc, encore une fois, si vous n'avez pas Yunion et cette union-là, progressive, ascendante, vous n'aurez pas Vunité qui en est l'achèvement rationnel, la conclusion.

L'unité ne nous est pas seulement indispensable pour mener la guerre, elle l'est autant et plus pour imposer et ordonner la paix.

Cette paix de la victoire ne sera une œuvre complète et de durée que si l'unité en dicte les exigences légitimes, les articles de satisfactions, de réparations, d'indemnités et de garanties. Et, dès lors, il va de soi que ce n'est pas matière à improvisations de la dernière heure, mais que ces points essentiels doivent être à l'avance débattus et réglés dans un égal accord d'esprit, dans une pareille entente des volontés. Ces volontés pourront bien présenter entre elles des différences, mais elles seront, le jour de

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l'exécution, toutes liées et serrées pour former, comme autour de la hache du licteur, le poids d'un indivisible faisceau.

Tout d'ailleurs ne nous montre-il pas que cette unité par V union est destinée à demeurer, à s'améliorer sans cesse et à se fortifier après la guerre? Nous sentons qu'elle est la condition fondamentale de notre sécurité dans l'avenir. Les nations alliées se rendent compte que, désormais, sans rien abdiquer de leur nature, de leur caractère, de leurs prérogatives et de leur rôle naturel dans le monde, elles sont attachées, ou plutôt rattachées providentiellement par d'indestructibles liens... qu'il y a une nouvelle constitution familiale des puissances civilisatrices, rendue nécessaire, et que rien ne pourra la briser. Ces nouveaux Etats-Unis d'Europe que la guerre, en les maltraitant, a obligés à se rapprocher les uns des autres et à se nouer, ont commencé à former une carte physique et politique, morale, idéale et réelle, très nettement dessinée sous tous ces aspects, et gravée déjà dans notre raison. Elle restera. Pi'enons-en dès maintenant l'habitude. Travaillons au meilleur exercice de cette magnifique amitiT' qui nous procurera, à tous et séparément, l'unité de calme et de force.

En reclassant par affinités de conscience, et selon des parentés d'âme et de race interrompues, les peuples qui se manquaient l'un à l'autre et se cherchaient, l'effroyable tem[)ct('

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que nous traversons a peut-être rendu ;i Tliumanité future un service prodigieux, dont les incalculables elTets ne sauraient se mesurer du point de souffrance où nous sommes. Oui, nous pouvons croire que nous payons pour le bienêtre, la douceur, la prospérité des temps qui viendront après le nôtre. Si l'on disait i)lus tard que nous avons été dans l'histoire les fabricants d'abord de l'unité nationale et ensuite de l'unité d'alliance européenne, nous aurions, en dehors de ceux que nous aura gagnés dans le plein de la lutte notre grandeur d'âme immorlelle, un superbe titre de gloire.

Appliquons-nous donc à le mériter et tout de suite; car l'avenir nous presse, et le temps ne va jamais si vite qu'aux heures où l'on commence à le trouver trop long. Le dernier effort de ce genre qui reste à faire nous est rendu facile par l'exemple admirable et incessant que nous prodiguent les soldats. Les premiers, et jusqu'ici les seuls, ils ont réalisé, d'eux-mêmes, sans qu'on ait eu besoin de la leur prêcher ni commander, cette unité par l'union qui est la plus certaine condition de la victoire. Entre tous il ont vu et jugé, pour l'avoir éprouvé en certaines circonstances de la façon la plus cruelle, le danger du « chacun pour soi ».

Désormais, pour tenir, dans la paix comme dans la guerre, il faudra .ve tenir, être ensemble. Vse solis ! Plus encore que dans le passé, malheur à ceux qui demain seront seuls !

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