LA DÉCIHIOX DES AILES
i 3 janvier 1917.
Vous rappelez-vous les souhaits, les désirs, je n'ose dire les prédictions, qu'éveillait, il y a quelques années, le développement brusque et rapide, quasi miraculeux, de la conquête des airs? Ici même nous ne pouvions nous empêcher de proclamer ce que nous annonçait intérieurement avec une irrésistible certitude le départ émouvant des premiers maîtres de l'espace. Maints sceptiques nous écoutaient, souriants et froids, en regrettant de ne pouvoir nous suivre au septième ciel de notre enthousiasme. Leur indulgente sympathie, jalouse un peu de nos ardeurs, ne laissait pas de railler doucement : « Imagination! Imagination! s'écriaient-ils... Redoutable présent... Puissance sublime et insensée... Fille débridée et pernicieuse de l'orgueil... Oue de tristes retours et de désenchantements l'on se prépare en ton nom ! »