LA DECISION DKS AILES
iiiultij^lo et puissante des forces aériennes, des innombrables services qu'elles rendent à toute heure et pour tout.
Sans rechercher s'il est raisonnable de former le vœu d'une armée volante de plusieurs milliers d'avions détruisant et ravaafeant tout au-dessus et derrière l'ennemi, et en souhaitant toutefois très fort que ce vœu soit réalisable, nous pouvons nous réjouir déjà des résultats obtenus sur toutes les lignes par nos aviateurs de renseignements et de bataille. Bien qu une heureuse permission de l'autorité ait rendu populaires les noms des principaux héros de l'espace et que nous connaissions, sinon dans le détail, du moins dans le fait, la majeure partie de leurs exploits, nous sommes loin pourtant de savoir le reste, tout le bel et utile ouvrage de chaque jour et de chaque nuit, la terrible besogne d'activité, de précision, de guérillas et de « coup d'ailes » qui ont la valeur et Teffet des meilleurs « coups de main ». Des centaines de vaillants qu'on ignore accomplissentrégulièrement des tâches ingrates et ardues, aussi difficiles que périlleuses, jouent et rejouent leur vie, sans arrêt, à vol continu, avec une insolence de courage et une virtuosité du devoir qui nous confondraient d'admiration si nous en étions instruits. La couleur du temps, l'état de l'atmosphère, toutes les menaces d'autrefois n'existent plus. Rien n'empêche aujourd'hui les voltigeurs des escadrilles, isolés ou en groupe.
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de partir. Us ont asservi ]'<';lément furieux, et c'est la guerre (]ui leur a fourni la superbe et décisive obligalion de tenter l'impossible et de le réussir. Malgré les dangers qu'ils courent, ou plutôt à cause de ces dangers mêmes et des conditions dans lesquelles ils les biavent... que leur sort est enviable ! et quels extraordinaires souvenirs ils amassent pour ainsi dire automatiquement, sans y apporter le moindre souci, la moindre précaution ! Tout cela, qui entre en eux et s'y fixe pour toujours, reparaîtra plus tard sur les plaques de leur mémoire impressionnée au dernier point. Les instantanés pris de cette manière comme en réflexe, par leurs yeux et leur cerveau, deviendront, développés au travail ultérieur de la pensée, des images resplendissantes, les illustrations exactes et idéales du poème de gloire écrit et vécu par eux au cours d'un vol de plusieurs années qui ne fut qu'un combat perpétuel, archangélique. Immédiates ou rétrospectives, leurs émotions sont les plus grandes, les plus belles, les plus étourdissantes qu'il ait été accordé jusqu'ici à l'être humain non seulement d'éprouver en ellesmêmes, mais de goûter dans tous les genres de plénitudes à la fois: plénitudes de la force, de la jeunesse, de l'ardeur, de la volonté, du risque, de la souffrance, de l'allégement, de l'exaltation, de l'orgueil et du devoir... l'absolue plénitude physique et la parfaite plénitude morale, les deux plus dévorantes intensités de la vie. Car