‹ Les grandes pêchesChapitre 17 sur 25 · V. — POISSONS DE PÊCHE · texte numérisé non relu

V. — POISSONS DE PÊCHE

Les echeneis se trouvent en un grand nombre de mers, et partout ou en même temps qu'eux se rencontrent des tortues ; on se sert des premiers pour prendre les secondes.

Ce genre de pêche était fort usité en Amérique lors de la découverte du continent. Pierre Martyr, dans un écrit publié en 1 532, Hernandes de Oviedo, dans son Histoire des Indes, parue en 1535, en

lOi^ LES GRANDES PÊCHES.

parlent l'un et l'autre. Le premier compare remploi des echeneis à celui des chiens de chasse.

Commerson nous a donné sur ce sujet des détails précis et intéressants.

« On attache à la queue d'un naucrates vivant un anneau d'un diamètre assez long pour ne pas incommoder le poisson, et assez étroit pour être retenu par la nageoire caudale. Une corde trèslongue tient à cet anneau. Lorsque l'echeneis est préparé, on le renferme dans un vase plein d'eau salée, qu'on renouvelle très-souvent, et les pécheurs mettent le vase dans leur barque. Ils voguent ensuite vers les parages fréquentés par les tortues marines. Ces tortues ont l'habitude de dormir souvent à la surface de l'eau, sur laquelle elles flottent ; et leur sommeil est alors si léger, que l'approche la moins bruyante d'un bateau pêcheur suffirait pour les réveiller et les faire fuir à dp grandes distances ou plonger à de grandes profondeurs.

« Mais voici le piège qu'on tend de loin à la première tortue que l'on aperçoit endormie. On remet dans la mer le naucrates garni de sa longue corde : l'animal, délivré en partie de sa captivité, cherche à s'échapper en nageant de tous les côtés. On lui lâche une longueur de corde égale à la distance qui sépare la tortue marine de la barque des pêcheurs. Le naucrates^ retenu par ce lien, fait

(l'abord de nouveaux efforts pour se soustraire à la main qui le naaîtrise ; sentant bientôt, cependant, qu'il s'agite en vain et qu'il ne peut se dégager, il parcourt tout le cercle dont la corde est en

Pêche de la tortue.

quelque sorte le rayon, pour rencontrer un point d'adhésion et, par conséquent, un peu de repos. 11 trouve cette sorte d'asile sous le plastron de la tortue flottante, s'y attache fortement par le moyen de son bouclier, et donne ainsi aux pêcheurs, auxquels il sert de crampon, le moyen de tirer à eux la tortue en retirant la corde. »

Middleton nous apprend que les indigènes de la terre de Natal pèchent la tortue d'une manière analogue :

« Ils prennent vivant un poisson nommé rémora, et fixent deux cordes, l'une à sa tête, l'autre à la queue ; ensuite ils le plongent au fond de l'eau, à l'endroit où ils jugent qu'il doit y avoir des tortues, et lorsqu'ils sentent que l'animal s'est attaché à une tortue, ce qu'il fait bientôt, ils tirent à eux le rémora et avec lui la tortue. »

Il ajoute que la même manière de pêcher e$ten usage à Madagascar. Sait note qu'elle est également pratiquée sur la côte de Mozambique.

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