PÊCHE AU PÉLICAN
Cette pêche ne diffère point de celle qui \ient d'être décrite. Tout le monde sait que les pélicans ont un bec excessivement long et que la peau qui réunit les deux côtés de la mâchoire inférieure forme une espèce de sac membraneux d'une capacité considérable ; c'est dans ce sac que l'oiseau, qui se nourrit de poisson, emmagasine son butin. Debout dans l'eau, non loin du bord, immobiles, silencieux, ils attendent; on les croirait inanimés si, de temps à autre, on ne les voyait darder leur bec dans la rivière. D'autres fois ils se réunissent plusieurs ensemble pour pêcher; ils se rangent en ligne, s'avancent de concert en battant des ailes pour effrayer le poisson, le chassent devant eux, et quand ils l'ont poussé dans un endroit favorable, le saisissent en plongeant. Aussitôt que leur poche est pleine, ils prennent leur vol et vont tranquillement se repaître en quelque endroit solitaire. Nageurs et puissants voiliers, les pélicans jouissent encore, malgré leurs pieds palmés, de la faculté de
se percher sur les arbres, ce qui est rare parmi les oiseaux de leur ordre.
Us s'apprivoisent en peu de temps, et, comme les cormorans, prennent aisément l'habitude de
Pèche au pélican.
pêcher pour un maître. On s'assure aussi de leur fidélité par une ligature à la gorge. Le P. Labat rapporte que, dans plusieurs îles de l'Amérique, les sauvages les employaient de cette manière, et le P. Raymond rapporte, dans son Dictionnaire caraibe, qu'il en a vu un si bien privé qu'on l'en-
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voyait seul à la pêche, d'où il revenait chaque soir sa besace pleine, impatient de se faire desserrer le cou et de recevoir le prix de ses peines. MaisTesclave se faitvolontiersparasite, etM.Leea vu, à Sierra-Léone où il stationnait ordinairement isur la place du marché, un pélican qui si adroitement fourrait son bec dans le panier des acheteurs et si prestement en enlevait le poisson, que les volés ne s'apercevaient du vol qu'en arrivant chez eux.