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La chrétienté fera fausse route en voulant gagner les Mahométans jusqu’à ce qu’elle affirme de nouveau ce message, mais avec la puissance apostolique, et qu’elle soit aussi vraie aux principes de la religion de Jésus que les Mahométans l’ont été au dogme de la souveraineté de Dieu. Etonnés des succès du Mahométisme, nous devons en reconnaître aujourd’hui l’affaiblissement apparent. Il faut en chercher l’explication dans sa conception inadéquate de Dieu. Elle repose sur le simple fait de son unité et de sa souveraineté. Sans racines dans la nature plus profonde des choses, dans les mystères du caractère et de l’ordre de Dieu, l’Islam devait décliner inévitablement. Debout sur le même fondement de granit de la foi de Mahomet, nous pouvons lui montrer une révélation plus complète, assise sur ce même roc, une révélation qui s'élève à la hauteur d’un Homme qui exerça sa puissance sur la nature, mais dent la gloire consista non dans l’exercice de cette puissance, mais dans la longanimité et la soumission, dans la douceur et l’humilité du cœur, un Homme qui était et qui est éternellement un avec Dieu et qui cependant se sacrifia pour des pécheurs parce qu’il pénétra dans les profondeurs et la grandeur de l’âme, parce qu’il savait parfaitement que dans l’amour se trouve la puissance d’arracher l’homme à l’esclavage, de le sauver du péché, de transporter ainsi la terre au ciel et de transformer les fils des
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hommes en fils de Dieu, «en cohéritiers de Christ ». À la vérité, le Koran décrit lieu comme un, spirituel, suprême, compatissant et saint. Mais comment Dieu peut-il être saint s’il ne réclame pas une sainteté parfaite de créatures faites à son image ? Sa justice n’est pas la justice inflexible de l’Ancien Testament, bien moins la justice plus terrible du Nouveau. Son amour se montre dans une douce indulgence à l’endroit de nos infirmités, et non pas en procurant pleinement les moyens de nous délivrer de notre coulpe et de la puissance du péché. Le gouvernement divin est déshonoré quand la grâce devient arbitraire et que le pardon de Dieu ne produit pas en nous une crainte solennelle. Le caractère divin s’abaisse quand le péché est pardonné sans expiation et que l’amour se montre indifférent à sa propre sainteté et aux justes droits de son honneur lui-même. Ces défauts, dans la conception du caractère divin, découlent de l’inintelligence où était Mahomet du mystère de la Divinité. Pour lui Dieu est bien une personne agissant, gouvernant et se révélant à des prophètes, mais Il n’est qu’un Souverain, non point un Père. Il n’y a donc pas de Fils éternel. qui serve de médiateur entre Dieu et sa création, plus spécialement entre Dieu et ses enfants sur la terre, qui étende sa « dextre » sur les deux et les unisse dans l’unité sacrée de son Saint-Esprit ! Le gouffre entre Dieu et l’homme, l’incarnation ne l'a pas comblé et comme il n’y a point d’incarna-
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tion, il n’y a point non plus de ministère de l’Esprit ni de communion intime et constante de l’âme avec Dieu en Christ. Rien de préparé pour amener l’ho'nme à renouer sa relation filiale et naturelle avec Dieu, et pour le préserver par elle des assauts et des séductions du mal. En un mot, Mahomet n’atteignit pas la notion de Dieu comme Père, Fils et Saint-Esprit, notion quiest la racine de toute théologie chrétienne, de toute notre vie religieuse, et le secret de notre force spirituelle. La moralité défectueuse du Mahométisme et son incapacité reconnue de faire naître et de développer la haute civilisation, proviennent de cette faiblesse radicale. Cette impuissance devrait aussi nous apprendre que la Trinité est une vérité essentiellement pratique. Quand cette doctrine n’est plus qu’une simple notion de Dieu, elle est tout bonnement une énigme mathématique, et aussi peu utile que l’affirmation de l’unité de Dieu l’était aux monothéistes dont saint Jacques se rit : «Tu crois qu’il n’y a qu’un seul Dieu; tu fais bien... » II, 19. Jamais Jésus n’a présenté la vérité comme une formule, il n’a promulgué ni le symbole de Nicée ni celui d’Athanase. Quand il déclare son union essentielle avec Dieu c’est afin que ses disciples voient, dans le fait divin, la réalité de leur propre relation avec Dieu. Jésus représente cette relation sous l’emblême de la paternité parce que le fait de la paternité est primordial, fondamental et universel. Tout homme, étant un fils, connaît quelque
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chose d’impliqué dans la paternité. Tout père sent que son désir le plus ardent est que son fils ressemble à ce qu’il porte en lui-même de plus élevé. Jésus enseigne qu’il en est ainsi de Dieu le Père. Le but du Fils, en révélant le Père et son unité avec Lui comme Fils, c’est que nos caractères soient assimilés au modèle des choses célestes et ce modèle c’est Lui-même. Ainsi Lui-même est le Christianisme, et le chrétien quelqu'un qui sait que Dieu vivait en Christ, souffrit et mourut pour lui et que Dieu en Christ viten lui maintenant par son Esprit. Si quelqu'un n’a pas l’esprit de Christ, il n’est pas à Lui. Mais le Mahométisme ne sait rien de Dieu pour nous ni de Dieu en nous. Il n’a point de croix, et au lieu de la personne de Jésus et de l’Esprit de Jésus, il ne présente à l’homme qu’un livre incomplet. Le livre est un code inaltérable, approprié d’une manière très remarquable à des Arabes et à d’autres peuples dans d’autres contrées pouvant entreprendre le pèlerinage à la Mecque ei observer le jeûne du Ramadan, mais certainement ne convenant ni à tous les hommes, ni à tous les pays et encore moins à tous les temps.
La seconde épreuve à laquelle il faut soumettre une religion, est sa conception de l’homme, or la notion inadéquate de Dieu entraîne nécessairement celle de l’homme. Si Dieu est un Souverain mais non un Père, l’homme ne peut être au mieux qu’un sujet ou un serviteur, non un enfant. Sa dépendance vis-à-vis de Dieu est mise en première
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ligne, mais a-t-on songé à ses rapports avec Dieu, à sa dignité humaine et au progrès ? Cette lacune se fait surtout sentir dans la position inférieure que Mahomet assigne à la femme, ainsi que dans les rapports de la polygamie, du divorce et du concubinage servile que ie Koran établit entre les deux sexes. Dans le récit de la création, d’après l’Ecriture, une histoire frappante révèle ce qu'ont d’intimes et de sacrées les relations de l’homme et de la femme. Ici encore le Christianisme appose son sceau. En condamnant la loi du divorce que toléra Moïse, Jésus a soin de remonter à une loi plus ancienne, écrite dans la constitution des choses et d’affirmer que la monogamie doit être d'obligation universelle. Jamais l’homme ne saurait s'élever à sa vraie hauteur si cette relation primitive et fondamentale entre les sexes n’est ni comprise ni observée. La civilisation ne peut être permanente, si elle n’est ras basée sur la vie chaste de la famille, et elle ne peut alteindre ce point culminant, si l’on n’accorde pas à une moitié de l’humanité la part qui lui revient dans la vie sociale. Point de véritable délicatesse où n’existe pas la pureté innée chez la femme. Une religion qui ne sanctifie pas le foyer ne peut régénérer la race. Qui déprave le home dépravera certainement l’humanité. Si l'homme veut être honoré. la mère devra lui être sacrée. Dépouillez l’épouse de son auréole, et, du même coup disparait chez l’époux ce qu'il y a de plus auguste dans la vie.
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