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rent et d'enfant, de frère aîné et de cadet, d’ami et d’amie. Ce sont là les cinq relations naturelles. Elles sont ii crites au Livre des Changements, dont les pren. ers traits furent tracés par Fuh-Si, qui gouvernait en Chine, suppose-t-on, trente-trois siècles avant Christ; le texte classique est dû à Wen-Wang avec la coopération du grand duc de Chow (fondateur d’une dynastie, 500 ans avant Confucius, qui dura 800 ans), et les notes sont de Confucius. La relation de mari à femme est la première des relations naturelles, et comme la terre est subordonnée au ciel, ainsi doit l’être l'épouse à l'époux, l’enfant au père et le sujet au souverain.
Telles sont les trois colonnes de l’édifice social. « Un homme au cœur élevé, disait Confucius, doit suivre quatre règles de conduite : servir ses parents comme il est requis d’un fils, servir le souverain comme il est requis d'un sujet, servir son frère aîné comme il est requis d’un frère plus jeune, servir d'exemple de conduite à des amis comme il est requis d'amis. » Un disciple éminent de Confucius, Tse-Kung, lui demande un jour s’il existait un mot qui servit de règle de conduite pour toute la vie ? — «Ce que tu ne veux pas qu’on le fasse, ne le fais pas aux autres », répondit le sage. Dans la suite, son disciple lui ayant dit qu’il mettait cette règle en pratique, le sage répliqua : « Tse, tu n’y as pas atteint. » En
une occasion, il avoua que lui-même non plus n’y
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était pas arrivé. Les"savants chinois disent que cet aveu trahit simplement son humilité, mais il parlait sincèrement et ce langage est la marque réelle de la vraie grandeur de cet homme.
La réciprocité, selon Confucius, consiste à règler non seulement les cinq relations naturelles, mais toutes nos actions. Les membres de la même famille doivent être traités comme tels, les vieillards comme des vieillards, les jeunes comme des jeunes, les vertuenx comme des vertueux, chacun et tous du point de vue de la raison naturelle qui est à la base de l’éducation. Des règles de vie élaborées avec soin sont consignées dans le Livre des Riles, qui date des « trois époques » (c’est-à-dire des trois grandes dynasties dont la famille de Chow était la dernière) et qui doit sa conservation à Confucius. Le principe unique et fondamental de ces règles c’est « la convenance », le dernier mot pour tout Chinois. Le Livre des Riles traite des cérémonies qu’il faut suivre à l’âge de la majorité, aux mariages, aux funérailles, aux sacrifices, au culte du Ciel, ainsi que de l’observation des fêtes établies, de la sphère de la femme, de l’instruction de la jeunesse, bref, de chaque département de la vie. Chaque détail est fixé, le but reconnu étant de produire le plus grand bien et de maintenir le ton moral de la société. Les rabbins Hillel, Shammaï et leurs disciples, les Scribes et les Pharisiens, au temps de notre Seigneur, n’étaient pas plus convaincus que la Loi pouvait
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rendre l’homme vertueux que ne l’était Confucius. Il crut que terribles comme étaient les temps, il pouvait les réformer. « Si quelqu'un d’ertre les princes, disait-il, voulait m’emplover, en douze mois je ferais quelque chose de considérable, et dan; trois ans le gouvernement serait parfait. »
Longtemps il n’eut pas l’occasion de mettre ses principes à l’exécution, mais des disciples de familles distinguées l’entourèrent et sa réputation s’augmenta grandement, de telle sorte qu'ayant exprimé le désir de visiter la capitale, de contempler de ses yeux son temple, son palais et d’étudier les céréinonies de la cour impériale de Chow, le duc régnant mit une voiture et des chevaux à sa disposition pour le voyage. Sa vénération pour les fondateurs de la dynastie vint ajouter à sa visite un immense intérêt. Probablement qu’un des objets qu’il avait en vue était de conférer avec le vénérable philosophe Lao-Tsé, qui occupait une position officielle à Chow comme gardien des archives.
Plusieurs récits ont été laissés des entrevues des deux sages. En les comparant, il paraîitrait que le plus âgé des deux personnages considéra le plus jeune quelque peu prétentieux et nourrissant des espérances beaucoup trop vives de réformer son siècle. En une occasion, Lao-Tse vit Confucius étudiant et il lui demanda quel livre il lisait. — « Le Livre des Changements, répondit Confucius. Les sages de l’antiquité le lissient également. » —
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« Les sages étaient capables de le lire, répliqua Lao-Tse, mais dans quel but, vous, le lisez-vous ? Sur quelle base repose ce livre? » — « Il traite d'humanité et de justice. » — « La justice et l’humanité du jour, remarqua Lao-Tse, ne sont que des noms vides, qui ne servent que de masque à la cruauté et troublent les cœurs des hommes. Jamais il n’y a eu plus de désordres que maintenant. Le pigeon se baigne-t-il tout le jour pour se faire blanc et le corbeau se peint-il chaque matin pour se faire noir ? Tu es comme un homme qui bat du tambour à la recherche d’une brebis égavée. — Maitre, tu ne fais que troubler la nature de l’homme. »
« Ce passage, dit le professeur Douglas(?), montre bien les différences capitales qui séparent Confucius de Lao-Tse. Confucius soutenait que le besoin le plus urgent du siècle était « la rectification des noms ». Il voulait que l’homme pratiquât l’humanité et qu’il appelât cela humanité ; il voulait qu’il remplit ses devoirs envers père et mère et qu’il appelât cela piété filiale ; il voulalt qu’il servit son souverain de tout son cœur et qu’il appelât cela loyauté. Lao-Tse, au contraire, affirmait qu’alcrs que l’homme professe d’être humain, filial et loyal, c'est un signe évident que la substance a disparu et qu’il n’en reste que l’ombre. Le pigeon n’est pas blanc à force de se baigner et le corbeau
() Confucianism and Taouism, by R. K. Douglas, pp. 28, 177.