PT
ED os ol
que Lao-Tse et, par conséquent, en dépit de la répugnance nationale, à admettre qu’il puisse y avoir quelque chose qui ressemble à une culture étrangère, l’an 65 de notre ère le Bouddhisme fut proclamé religion d'Etat. Depuis ce temps, en se conformant aux idées chinoises et au mode de vie du pays, et en devenant ainsi une chose bien différente du Bouddhisme du Tibet, et plus encore du Bouddhisme primitif, le Bouddhisme chinois a couvert l’empire de ses temples et poussé ses conquêtes au loin, dans le nord, au moyen de zélés missionnaires dont l’influence en bien sur les Tartares et les Mongols constituait une merveilleuse preuve de la suprématie des forces morales sur des sauvages sans frein et altérés de sang. Nous avons donc ici, tout à fait à la surface de la société chinoise, une confession nationale de la défection du Confucianisme. Le peuple qui lui donna naissance, et qui lui en exalta l’excellence, a été dans la nécessité de lui offrir, comme supplément, une religion étrangère. Le résultat en est une division de l’homme en deux parties et même en trois, ce qui a été désastreux pour la vie. Quand on professe le Confucianisme et qu’on va à son culte dans un temple bouddhiste, la vie véritable du fidèle rompt avec la religion et sa religion avec la raison. Comme système politique et éducatif le Confucianisme a obtenu, dans des limites rigoureusement tracées, des succès ir “uïs. Il a fait de la Chine la nation du monde la plus uniforme, la
plus étroitement enserrée et la plus conservatrice. Mais il est permis de se demander : le succès mérite-t-il grande considération ? Si la sagesse, conteniplée uniquement à un point de vue externe et expérimental, a produit ce résultat, c’est que le peuple est devenu singulièrement patient, mais aussi prosaïque, matérialiste et plein de lui-même.
Lao-Tse vit les dangers, mais son enseignement, qui considérait la sagesse comme quelque chose d’interne et de mystique, dégénéra en une idolâtrie de chaque objet dans la nature et, pour ce qui concerne ses prêtres, en n véritable charlatanisme. Le Bouddhisme occ:ra le champ que le Confucianisme n'avait pas connu et où le Taouisme avait échoué.
Il est difficile de définir le Bouddhisme en deux ou trois phrases. On a dit que c’est à la fois de l’athéisme, du théisme, du panthéisme; c’est un vrai culte de saints, un pur symbolisme, une vulgaire idolâtrie, la plus abstraite des spéculations. Il doit y avoir une conception qui renferme et harmonise ces diverses représentations, mais il suffit, pour le moment, de dire que le Bouddhisme est basé sur une croyance d’abord à l’infinie capacité de l'intelligence humaine, l'intelligence dans l’homme étant identique à l'intelligence absolue. Il affirme ensuite la puissance de la culture personnelle pour opérer, sous la tutelle de la loi de Gautama et de sa société, un changement du cœur qui assure non seulement le Nirvana à l’in-
AE dome
Te Reste he
— er 2 th ER A