‹ Les grandes religions [microforme]Chapitre 30 sur 36 · SEE · texte numérisé non relu

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pénétrant tous les êtres dans cinq formes élémentaires, les oblige par des degrés de naissance, d’accroissement et de dissolution, de tourner dans ce monde, comme les roues d’un char, jusqu’à ce qu’ils méritent la béatitude. Ainsi, l’homme qui aperçoit dans sa propre âme l'âme suprême qui est présente dans toutes les créatures, acquiert l'égalité d’âme envers elles toutes, et sera absorbé à la fin dans l’essence la plus élevée. »

Ajoutez que dans le Bhagavad-Gita, Arjoona est représenté comme reculant devant la guerre contre ses royaux cousins quand il voit leurs faces bien connues dans les rangs opposés, mais Krishna, le conducteur de son char, se révèle comme Vishnu et le presse de les tuer sans miséricorde, disant qu’en le faisant il ne sera qu’un simple instrument, vu qu’ils sori déjà tués dans la détermination du «Tout»; du reste, comme le devoir de la caste est suprême, il n’y a rien de meilleur pour un Kshatriya qu’une guerre légitime. Mais il continue, si tu ne veux pas continuer dans cette lutte, tu manques à ton propre devoir, tu renonces à ta gloire et tu commets un crime ; de plus, l’humanité rapportera ton impérissable ignominie. Un court extrait de cette harangue suffira pour montrer la doctrine et indiquer le ton du poème :

« Tu pleures ceux que tu ne devrais pas pleurer, bien que tes pa- [roles soient celles d’un sage,

Car ceux qui vivent et ceux qui meurent ne peuvent jamais pleu- [rer les vrais sages.

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Jamais le temps ne fut où je n'étais pas, ni ceux-ci ni ces rois de [la terre que voilà.

Désormais, jamais le temps ne viendra où l’un de nous cesscra [d'exister.

L'âme, dans cette enveloppe mortelle, s'écoule rapidement à tra- [vers l'enfance, l'adolescence et l'âge ;

Alors, renouvelée dans une autre forme, elle reprend sa course [toute tracée.

Il ne saurait périr Celui qui étendit l'univers vivant, l'Indestruc-

[tible !

Et qui détruirait l'œuvre de l'Indestructible ?

Corruptibles sont ces corps qui tourmentent l'âme éternelle,

Oui, l'âme éternelle, l'âme que l'imagination ne saurait concevoir! {En avant donc ! Bharata!

Car celui qui penserait tuer l'âme ou celui qui penserait que l'âme [puisse être tuée,

Sont tous deux à la fois follement trompés. Elle n’est pas tuée, [elle ne tue pas!

Elle n’est pas née, elle ne meurt pas: le passé, le présent, l'avenir [ne la connaissent pas.

Antique, éternelle, immuable, elie ne meurt pas avec son Corps

) TS : Fa [mertel, Celui qui la sait incorruptible, éternelle, incréée,

S'inquiète peu qu’il puisse tuer ou tomber lui-même tué dans la [bataille !

Comme l’homme rejette son vieil habit pour en reprendre aussitôt [un nouveau, Ainsi l’âme rejette son enveloppe usée et reprend sur-le-champ [une autre forme, Le glaive ne peut point la transpercer: le feu la consumer, Les eaux ne la dissolvent pas ; l'air embrasé ne la dessèche [point !

Impénétrable, incombustible, imperméable, non séchée, Perpétuelle, errante sans cesse, ferme, indissoluble, perma- [nente, Invisible, ineffable. Avec de telles pensées, pourquoi la pleurer?»

Remarquez ici l’énoncé des grandes doctrines de l’Hindouisme : l’éternité et l’immortalité de l’ôme, la destruction et le changement du corps, les trans-

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