Jacques Rivière, À la trace de Dieu, p
blème est l'insolubilité, remarque Novalis, nous résolvons ce problème en prouvant qu'il est insoluble » 1, ce que saint Thomas exprime au sujet de Dieu quand il dit : « La suprême connaissance que nous puissions avoir de lui est de savoir qu'il
est au-dessus de toutes nos pensées » 2, ;
Qui voudra réfléchir aux objections ainsi proposées et à leurs réponses, se rendra compte que les premières ne viennent que d’une fausse conception des rapports de Dieu avec le monde et avec la pensée, conception qu’on nous attribue et dont on veut ensuite nous faire des entraves. Et les réponses ne consistent qu’à rétablir une conception vraie. Il faut dire que souvent nous prêtons à ces fausses interprétations par un langage et par des idées plus ou moins anthropomorphiques. La part nécessaire de l’agnosticisme, nous ne la faisons point. Mais saint Thomas la fait avec une audace aussi tranquille que hibératrice, On en verra plus loin le témoignage. Il a famihère cette maxime qu'exprimait Pascal à propos de l'Ecriture : (À la fin de chaque vérité, il faut ajouter qu'on se souvient de la vérité opposée. » Parlant pour faire connaître Dieu, il n'oublie point que d'autre part Dieu est inconnaissable, qu’en lui-même nos démonstrations ne l’atteignent point, et que l'adversaire aura donc occasion apparente de les interdire; mais l'adversaire ne le fera qu’au prix d'un manquement à la maxime pascalienne, d'une grave méconnaissance partielle de ce qui est. |