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LA FORME SUBSTANTIELLE

Les antécédents métaphysiques de cette théorie nous sort connus. Tout ce que la nature nous fait voir est idée réalisée. La preuve, c'est qu'il y a réversibilité dans la connaissance. En déréalisant l'idée, nous la retrouvons en nous, non dans sa richesse, 1l est vrai; tout au moins dans son schème, et de schème en schème, par analyses et synthèses successives, nous nous rapprochons d'elle. Si la connaissance n’est pas un leurre: si Cabstraire n'est pas mentir », il faut reconnaître que tout dans la nature est idée ou fils de l'idée. Or cette dernière supposition ne serait pas sufñsante, À moins de revenir aux /dées

séparées de Platon, dont les réalités naturelles ne seraient que la manifestation et comme l'ombre, il faut bien, avec Aristote, réintégrer les idées dans les choses. Dira-t-on qu'elles sont en Dieu? Mais nous savons qu'en Dieu il n’y a nulle idée distincte; 1l n'y en Dieu que Dieu. Le premier Etre est un indéterminé de perfection que nous disons source d'idéalité comme nous Je disons source d’être: il n’est pas comme un démiurge qui pétrirait la matière d’après un plan. Si donc on veut trouver la raison immédiate des natures, raison propre à chacune et répondant à la question : qu'est-ce qui la fait ce qu'elle est? il ne faut pas répondre : Dieu, ou : la pensée de Dieu; mais : une participation de Dieu, une ressemblance de Dieu, qui représente, dans le créé même, l'idéalité que cette nature emploie et qui la donne à soi, en attendant qu'elle se donne à nous par la connaissance. Telle est Ja forme substantielle. C'est ce qui fait dire à saint Thomas : « La ressemblance même de l’Acte souverain incluse dans une matière, c'est sa forme. »

(In Boet. de Trinit. Q., 4, art. 2).

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