‹ Les grandes thèses de la philosophie thomisteChapitre 46 sur 97 · L'ACTION DE L’AME ET LA CONSERVATION DE L'ÉNERGIE · texte numérisé non relu

L'ACTION DE L’AME ET LA CONSERVATION DE L'ÉNERGIE

Par là se résout une question qui fut âprement débattue, au temps où la thermo-dynamique était jeune. Comment, demandait-on, la motion de l'âme sur le corps, et en particulier l’action du libre arbitre se concilie-t-elle avec le principe de la conservation de l'énergie? Peut-on supposer que l'âme crée de la force et l’ajoute sans cesse au monde? Et si elle n’en crée point, comment meut-elle le corps? Pour donner une impulsion aux organes ou modifier seulement la direction de leurs énergies, une composante est nécessaire, Mais pour le thomiste, une telle question est totalement dépourvue de sens. Pour lui, le composé vivant est un; l’âme Jui fournit sa loi, et toutes les énergies que manifeste le corps obéissent à ce code interne. Il n’est point là besoin de force, je dis de force qui appartienne proprement à l’âme. L'énergie qui se dépense dans le vivant n'est pas pour saint Thomas de l’énergie d'âme, c'est de l'énergie solaire, et un moderne expliquerait que cette énergie astrale se fixe dans les plantes dont se nourrissent les animaux, et y constitue, sous le nom de substances nutritives, des sortes d’explosifs dont l'énergie potentielle se libère en nous. Les « forces de l'âme », ce sont donc les forces du composé organisé, dont l'âme est maîtresse. L'âme n'a pas besoin de force distincte, n'étant pas chose distincte. Il se peut que l'âme soit indépendante du corps en quelque chose, et c'est le cas de l'âme intellectuelle; mais en aucune façon le corps n'est indépendant de l'âme; l’âme le possède à plein, lui et ses pouvoirs, puisqu'elle lui communique son être, le définit et l’oriente vers ses finalités propres. On agit selon ce qu'on est : si le corps 2st par l’âme, comme par son acte, comment l'action du corps ne serait-elle pas selon l’âme? Si l'âme, devenue autre par la connaissance, ‘modifie de ce fait ses finalités, comment l'orientation des pouvoirs du corps, dont tout le rôle est de réaliser ces finalités,’ n'en serait-elle pas modifiée par là même? Il n’est besoin de

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