SERRES
composante qu à l'égard d'un système autonome, dont Ja loi a besoin d'être modifiée ou vaincue par une force étrangère. Mais la loi du corps, c'est l’âme. Modifiez l’âme, vous modifiez le code vital, et par cela seul, sans nulle force nouvelle introduite, la routé que prennent les phénomènes de la vie sera changée.
Dès lors, pour expliquer les effets de la vie et du libre arbitre, il n’est plus question de création de force; il n’y a toujours que transformation. Le vivant plonge dans son milieu; le dehors presse sur lui, l'envahit, l'influence de mille manières; la force proprement dite lui vient de là. Physiquement, chimiquement, mécaniquement, le corps organisé n’est qu'un point de concentration d'énergie; mais grâce à l’âme, il est aussi un transformateur; sous sa loi,les énergies cosmiques prennent des formes nouvelles; elles s’orientent vers les fins de la vie; elles entretiennent la vie et la rendent expansive, sans qu'il y ait là aucune création de potentiel, ni davantage de perte.
Somme toute, dans cette théorie, l'âme est envisagée comme un art interne, comme une idée active, mais non point active par elle-même, non plus que l’idée de l’horloger, à supposer qu'elle fût immanente à l'horloge, n’y agirait néanmoins par elle-même : elle agirait par les propriétés physiques et mécaniques des rouages, des poids, des ressorts et du balancier. Ainsi l’âme agit par les propriétés du composé organique; mais la finalité est fournie par elle. La motion efficiente vient d'elle aussi en tant qu'elle est le principe de J'agir afférent à l'être. C’est donc elle, dans le vivant, qui est à la base de tout, qui explique tout, et d’une certaine manière fait tout.