‹ Les Grandes voyageusesChapitre 10 sur 52 · MADEMOISELLE D'ANGEVILLE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE D'ANGEVILLE

et botanique, et consigna, dans ses Souvenirs, de précieuses observations atmosphériques et météorologiques. En outre, elle rassembla, comme on l'a vu, dans un album, les dessins qu'elle avait faits en route, malgré la fatigue et les souffrances.

Jusqu'à un âge avancé, elle continua ses périlleux exploits. Elle avait soixante-neuf ans, lorsque en escaladant l'Oldenhorn, elle dut passer une partie de la nuit seule dans la montagne, pendant que son guide allait fort loin chercher une lanterne pour remplacer celle qu'il venait de laisser choir dans l'abîme !

Les services rendus par MlIed'Angeville sont assez importants pour que son patriotisme ait pu se reposer sur les lauriers qu'elle avait cueillis, sans rien redouter des compétitions étrangères.

Son exemple a été suivi en France plus qu'on ne le sait généralement; comme son nom, celui de Mmes Mellot, Gamard, Caron, Vallat, Paillon (mère et fille) et d'autres encore, figurent avec honneur dans les fastes du Club Alpin. Le goût de ces courses difficiles se répand chaque jour davantage. La Section lyonnaise, qui ne comptait en 1878 que trois femmes parmi ses membres, en a aujourd'hui trente-cinq !

Disons enterminantque toutes ces dames, sans exception, constatent la nécessité d'adopter pour ces ascensions un costume à peu près masculin, qui diminue très considérablement le danger, non seulement pour soi, mais pour les compagnons de route.

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