‹ Les Grandes voyageusesChapitre 25 sur 52 · ITALIE · texte numérisé non relu

ITALIE

MADAME CARLA SERENA

« La passion des voyages mène loin! elle m'a conduite au Caucase, lorsque je n'avais dessein que de m' embarquer pour l'Angleterre, en novembre 1875. » Ainsi s'exprime, en commençant le récit de son plus original voyage1, Mme Caria Serena, célèbre exploratrice dont l'Italie est fière à juste titre.

Elle revenait d'une pérégrination à travers la Scandinavie; elle avait parcouru une partie de la Russie, la Turquie, l'Egypte, la Terre-Sainte, la Syrie, le Liban, la Grèce et elle se trouvait à Constantinople. Des amis, connaissant l'attrait que l'Orient avait pour elle, lui conseillaient de faire un détour par l'Anatolie, le Caucase et la Russie, au lieu de prendre simplement la route de Vienne. D'autres la détournaient de se fier à la mer Noire dans sa plus mauvaise saison. Elle brava tout et fut aussi maltraitée que possible par les vents et les flots. On n'arriva au port de Trébizonde qu'après une tempête effroyable et à Ratoum une raffale jeta la téméraire sur le sol. Ce fut, selon son expression, le premier coup de chapeau du Caucase. Mais quel plaisir de se dire qu'on était en Colchide, tout comme Jason!

Tout est grandiose au Caucase, paraît-il, y compris les tempêtes et les chutes de neige; c'est pourquoi elle fut encore bloquée douze jours à Tiflis, d'où elle partit enfin, recommandée par le lieutenant du Caucase, le grand-duc Michel, frère de l'empereur, aux autorités des provinces, en commençant par l'Iméréthie, l'antique Colchide, où se dresse, à la frontière de l'Europe et de l'Asie, le Khomli, ce mont géant qui passe pour avoir été le berceau du genre humain. La Bible et la mythologie nous montrent :

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