Granité crags of California, Blakwood
Elle a su varier ses descriptions par des souvenirs de la Californie primitive el de sa colonisation, par des anecdotes soit humourisliques, soil terribles sur les chercheu d'or, les premiers raneheros, Les cow-boys et autres bandits qu'il est convenu d'appeler les «pionniers de la civilisation », et enfin sur la lutte de l'homme blanc contre l'homme rouge, lutte atroce de part et d'autre, il faut l'avouer.
Quel ne fut pas son étonnemenl, en quittant l'olympienne vallée, de se trouver étrangement célèbre dans la Sonora ! Profitant un jour du long arrêl de la diligence dans un village, elle se mit à retoucher un croquis. « Ah ! s'écria la maîtresse de l'auberge, vous devez être la dame dont j'ai entendu parler, qui fait des tableaux tout comme un homme! Eh mais! vous porte/ un chapeau d'homme! (Elle était coiffée d'un feutre à larges bords.) En vérité, je crois que vous êtes un homme ! Voyons, dites-moi la vérité. N'estpas que vous êtes un homme? »
Miss Gordon Cumming, qui est grande, essayait vainement de la convaincre du contraire, lorsque, heureusement pour elle, arriva une très jeune femme petite, délicate et blonde, coiffée d'un feutre tout pareil au sien ! Les doutes de l'aubergiste s'évanouirent!
Le moment était venu do se rendre au Japon et en Chine. « De Canton à Pékin, de Nangasaki au sommet du mont Tousi-Yama, a-t-elle écrit, tout fut si rempli d'intérêt, que dix-huit mois s'écoulèrent rapidement avant que ma pensée se tournât de nouveau vers Hawaii. »
Les Excursions en Chine1 sont un tableau sincère de celte étrange civilisation, qui semble condamnée à ne jamais couronner l'édifice commencé par elle il y a tant de siècles. Pendant une année entière, miss Gordon Cumming l'observa et l'étudia sous les auspices les plus favorables. Grâce à ses relations et àsa célébrité, elle vit s'ouvrir devant elle toute» les portes qui pouvaient s'ouvrir. Après Hong-Kong, la ville europénne qui brûla en partie sous ses yeux, elle visita Canton, la ville chinoise par excellence, ses rues étroites et encombrées où circule avec intensité la vie nationale, ses huit cents temples remplis des merveilles de l'art indigène, ses millions de boutiques agglomérées par catégories de commerce, sa fourmilière d'êtres humains qu'on peut à peine individualiser, même quant aux sexes, tant ils se ressemblent tous. Peu à peu le regard plus expérimenté