‹ Les Grandes voyageusesChapitre 50 sur 52 · I..,' Durbar inipûris I · texte numérisé non relu

I..,' Durbar inipûris I

LES GRANDES VOYAGEUSES, quatre chevaux, avec postillons, valets de pieds courriers et escorte en livrée rouge et or. Les écuries sont royales et les équipages magnifiques. Les domestiques d'intérieur ont aussi la livrée rouge etor. Les khidmatlrjars, ceux qui servent à table, portent de longues tuniques de drap rouge, de larges pantalons blancs, des ceintures blanc et or, ou rouge et or, et des turbans blancs. On reconnaît les chefs à leur plastron brodé d'or; les autres n'ont qu'un simple D, surmonté d'une couronne, sur la poitrine. « Nous avons chacun un jemadar ou domestique personnel, raconte lady Dufferin. Le mien se tient toujours à ma porte, prêt à exécuter mes moindres ordres ; il m'accompagne en voiture et ne me quitte que lorsqu'il me sait bien en sûreté dans ma chambre. Je n'ose pas remuer une chaise sans m'être à l'avance assurée que ma porte est bien fermée, car je l'aurais immédiatement sur le dos!... Nelly et Rachel ont aussi leur jemadar, ainsi que chacune des femmes de chambre, et Dieu sait s'il y en a! Ils sont vêtus de longues tuniques rouges soutachées d'or et coiffés de turbans ; ils sont magnifiques... Nous avons aussi chacun, à la porte de nos chambres, un garde superbe; ce sont de très beaux hommes, très grands, vêtus d'uniformes splendides. Nous avons encore une foule d'autres serviteurs, les uns vêtus de quelques chiffons (comme les jardiniers qui surgissent partout, dans le salon ou les appartements intimes) pour vous offrir un bouquet de violettes; les autres n'ayant pas de chiffons du tout et tous aussi chez eux que les confrères les plus chamarrés d'or.

Chaque caste a son emploi particulier. Ceux-ci arrangent les fleurs, ceux-là nettoient l'argenterie ; un troisième place les bougies dans les flambeaux, mais c'est un quatrième qui les allume '. L'un est chargé de remplir un pot à eau, mais c'est l'affaire d'un autre d'en verser le contenu. L'homme qui cire vos bottines ne consentirait jamais à vous présenter une tasse de thé et la personne qui fait votre lit se considérerait comme déshonorée s'il lui fallait toucher à quelque autre objet dans la chambre : ce qui fait qu'au lieu de trouver une seule fille de chambre bien dressée quand je monte chez moi, je tombe au milieu de sept ou huit grands diables dans les costumes les plus variés et faisant chacun sa petite affaire. Je vous laisse à juger des sentiments de ma femme de chambre ; elle bout ! Aussi son ayah lui répète-t-elle toujours : « Elle bien trop forte, forte comme quatre femmes hindoues ! »

On conçoit ce que peuvent être les grands durbars, lorsque, par exemple, le vice-roi reçoit un ou plusieurs grands rajahs, dans la vaste salle de marbre blanc, tapissée de pourpre. Entre chaque colonne se tient un magnifique garde du corps. Le vice-roi, sous un dais splendide, est assis

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