PHILIBERT DE L’ORME
SBi HiLiBERT DE L’ORME*, « Lyonnois , »
^ ainsi qu’il se qualifie lui-même, et dont
les ascendants ne sont point connus^, est né en 1515, ou à très-peu près, car dans la préface de son Traité d’architecture, publié en 1567, il dit : « Je vous advertiray que depuis trente-cinq ans en çà et plus, j’ai observé en divers lieux que
1 Telle est la véritable orthographe de son nom, qu’on écrit abusivement en un seul mot aujourd’hui.
2 Callet (Notice sur la vie et les ouvrages de quelques architectes françaisj fait de De l’Orme le fils d’un entrepreneur de travaux publics. C’est tout simplement une de ces inventions dans lesquelles le vieil artiste se complaisait et qu’il finissait par prendre au sérieux ; mais il y a grande apparence que Philibert de l’Orme appartenait à une famille de constructeurs. 11 était probablement le parent de Pierre et de Toussaint de l’Orme , maîtres maçons qui travaillèi'ent au château de GaiJlon , dans les premières années du xvi® siècle, et dont les noms figurent dans les comptes publiés par M. Deville. La perpétuation d’un même état dans les familles était chose commune alors , et ce livre même en fournira plusieurs preuves.
la meilleure partie de ceux qui ont faict ou faict faire bastimens, etc. » Ce passage établit que les premières études de De l’Orme en son art eurent lieu vers 1530 au plus tard. Or, à l’âge de quinze ans, assure-t-il, il commandait déjà à trois cents ouvriers *, et certainement, alors, il ne pouvait être qu’à son début dans la carrière. La' conclusion forcée, c’est que , comme nous venons de le dire, la date de 1515 est infailliblement, à quelques mois près, celle de sa naissance
De l’Orme est authentiquement du nombre de ces artistes français du xvf siècle qui allèrent en Italie étudier les éléments de l’art antique. Il l’affirme en maint endroit de ses livres, et dans l’un
1 « Ce que je cognois en moy, qui de jour en jour expérimente, trouve et excogite de nouvelles inventions, m’estant emploie et addonné , dès ma première jeunesse, à tous jours chercher les plus doctes en géométrie, et autres sciences requises à l’architecture, qui furent en Europe, et visitant les excellentes antiquités et d’icelles prenant extraictz , mesures et proportions, pour l’illustration de l’architecture. En quoy, par la grâce de Dieu , j’ay tant bien procédé et prospéré que j’ay ordonné et faict construire temples, chasteaux, palais et maisons par vray art d’architecture en divers lieux, et tant pour Roy, princes, cardinaux qu’autres, voire dès l’eage de quinze ans, auquel temps je commençay avoir charge et commander tous les jours à plus de trois cents hommes. » [Nouvelles inventions, f« 35 r°.) Il répète l’assertion dans un mémoire dont il sera question plus loin , et dans lequel nous puisons les divers détails de sa vie, dont nous n’indiquons pas la source en renvoi.
2 Suivant M. J. -S. Passeron , l’auteur d’une notice biographique récemment publiée à Lyon sur De l’Orme, ce dernier serait né vers 1520. Si on admet cette hypothèse, comme on ne saurait révoquer en doute les propres assertions de De l’Orme , il faut admettre aussi qu’il commença ses observations sur l’art dès l’âge de dix ans environ. Peu de gens consentiront à lui prêter autant de précocité.
P. DE l’orme.
d’eux nous raconte même comment il s’attira, par son ardeur au travail, les sympathies d’un puissant prélat : « Estant à Rome , dit-il , du temps de ma très grande jeunesse, je mesurois les édifices et antiquitez, selon la toise et pied de roy, ainsi qu’on faict en France. Advint un jour que, mesurant l’arc triomphant de saincte Marie -Nove, comme plusieurs cardinaux et seigneurs, se pourmenants, visitoient les vestiges des antiquitez et passoient par le lieu où j’estois, le cardinal de Saincte-Croix (alors simple évesque seulement, mais depuis cardinal et pape sous le nom de Marcel, homme très docte en diverses sciences, et mesmes en l’architecture, en laquelle pour lors il prenoit grand plaisir, voire jusqu’à en ordonner et faire desseings et modèles, ainsi que puis après il me les monstra en son palais) dit en son langage romain qu’il me vouloit cognoistre, pour autant qu’il m’avoit vu et trouvé plusieurs fois mesurant divers édifices antiques, ainsi que je faisois ordinairement avec grand labeur, frais et dépens, selon ma petite portée, tant pour les eschelles et cordages que pour faire fouiller les fondements afin de les cognoistre-, ce que je ne pouvois faire sans quelque nombre d’hommes qui me suivoient, les uns pour gagner deux jutes ou carlins le jour, les autres pour apprendre, comme estoient ouvriers , menuisiers , scarpelins ou sculpteurs et autres semblables, qui désiroient cognoistre comme je faisois, et participer du fruict de ce que je me-
surois ^ » Marcel Cervirio, qui monta sur le trône pontifical en 1555, n’obtint la dignité d’évêque qu’en 1534 , à l’avénement du pape Paul III. En 1536 il accompagna le cardinal Farnèse, légat du saint-sîége, en France et dans les Pays-Bas, et, lui ayant succédé dans ses .fonctions , il ne revint pas avant 1539 se fixer à Rome, où l’attendait le chapeau de cardinal au titre de Sainte- Croix de Jérusalem. Sa rencontre avec De l’Orme a donc eu lieu à la fin de 1534 ou dans le courant de 1535. D’après notre calcul, celui-ci avait alors une vingtaine d’années; il était ainsi dans sa « première jeunesse » , et avait néanmoins atteint un âge où Fon est apte à faire de sérieuses études, ce qui lui
1 Architecture, f° \ 31 r°. — La suite de ce passage n’est pas sans intérêt : « Laquelle chose donnoit plaisir audict seigneur cardinal ; voire si grand qu’il me pria, estant avec un gentilhomme romain qu’on nommoit misser Vincentio Rotholano, logeant pour lors au palais de Sainct-Marc, que je les voulusse aller voir, ce que je leur accorday très volontiers. Le dict seigneur Rotholano , homme fort docte aux lettres et en l’architecture , prenoit grandissime plaisir à ce que je faisais, et pour ceste cause me monstroit, comme aussi ledict seigneur cardinal, grand signe d’amitié. Bref, après avoir discouru avec eux de plusieurs choses d’architecture et entendu d’où j’estois, ils me prièrent de rechef de les visiter souvent audit palais, ce que je fis. Auquel lieu ils me conseillèrent, entre autres choses (après avoir cogneu la despence que je faisais pour chercher les antiquitez et retirer toutes choses rares et exquises en architecture), que je ne mesurasse plus les dictes antiquitez selon le pied de France , qui estoit le pied le roy, pour autant qu’il se trouverait si à propos que le palme romain suyvant lequel on pouvait fort bien juger des anciens édifices, qui avaient esté conduicts avec iceluy plustost que avec autres mesures , et signamment avec le pied antique ; me donnant lors et l’un et l’autre avec les mesures. longueurs et divisions.... Davantage, ils m’enseignèrent les lieux où je les trouvay insculpées en un marbre fort antique. »
P. DE l’orme.
eût été impossible s’il fût né vers 1520. 11 était même apte à faire plus que des études , puisque , entré au a service du pape Paulle », il avait « une belle charge à Saint-Martin dello Bosco, à la Callabre )), ainsi qu’il le rapporte dans le curieux mémoire dont nous donnons le texte à la fin de cette notice. On sait aussi par lui qu’en 1536 il habitait de nouveau sa ville natale; car, parlant de trompes qu’il avait fait construire dans la rue de la Juiverie, à Lyon , il dit : « Je fis faire tel œuvre Van 1536, à mon retour de Rome et voyage d’Italie, lequel j’avois entrepris pour la poursuitte de mes estudes et inventions pour l’architecture*. »
Ce furent Guillaume du Bellay et son frère Jean, le cardinal, qui, suivant l’expression de De l’Orme, le (( débauchairent » du service pontifical , et le firent revenir en France, où il semble qu’il choisit d’abord Lyon pour résidence. Vers 1542, il y commença le portail de l’église Saint-Nizier, qu’il n’acheva point parce que, dit D’Argenville , sans citer d’autorité , le cardinal Du Bellay l’attira à Paris , pour lui confier la construction de son château de Saint-Maur. Son introduction parmi les officiers de la couronne eut lieu , sans aucun doute, par la même inffuence, mais à une époque que nous ne pouvons exactement fixer. Nous savons toutefois que, dans la première moitié
1 Architecture , f° 90 v“.
de Tannée 1546 *, De TOrme, chargé de visiter « tous les ans par deux foys toute la coste et forteresse de Bretaigne », sauva la ville de Brest d’une attaque imminente des Anglais, exploit dont il fait un court récit dans son mémoire. Or, cette locution « je visitoys tous les ans par deux foys, etc. » dénote qu’il était commissionné du roi depuis plusieurs années. On observera que ^s premières fonctions publiques furent beaucoup moins celles d’un architecte que celles d’un ingénieur et commis : ainsi aller « veoir des galbons que Ton faisoyt au Havre de Grâce, et visiter les navyres qui estoyent à la coste de Normandie, arrester diligemment des vivres comme lardz , sutres et biscuitz, bray et goteron, cordaiges et aultres équipaiges, pour pourter au camp de Boulongne ^ constitue bien des services d’ingénieur militaire. Au reste, De TOrme dit expressément qu’il eut la charge de « fortifier, à la guerre », qu’il fut « capitaine en cbief et fermé », c’est-à-dire assiégé, (( plusieurs fois » . 11 est fâcheux qu’il n’indique point si ces derniers épisodes de sa vie se passèrent en France ou en Italie ^ Au xvf siècle, TTtalie était regardée comme le pays le plus savant
1 La paix avec l’Angleterre fut signée au mois de juin 1546.
2 Ce camp doit être celui du maréchal Du Riez, qui assiégeait Boulogne en 1545.
3 11 serait difficile de croire que ce fut en Italie , puisque , lorsqu’il revint de cette contrée, il ne pouvait être âgé de beaucoup plus de vingt ans.
P. DE l’orme.
dans Tart poliorcétique, et les architectes y étudiaient volontiers à la fois les ordres antiques , la structure des vaisseaux et le tracé des bastions. Cette circonstance et les nouveaux procédés de construction qu’ils rapportaient d’au delà des Alpes durent être les principales raisons qui recommandèrent De rOrme, quand il fut préposé aux fonctions dont il nous apparaît d’abord revêtu ; il les exerça à Brest, Saint-Malo, Concarneau, Mantes, et en d’autres lieux de Normandie et de Bretagne, où il eut l’occasion de signaler les plus scandaleux abus et d’y mettre ordre, non sans se créer de nombreux ennemis.
Un procès-verbal de visite, du 29 janvier 1548 (1549, noùv. st.), désigne Philibert de l’Orme comme étant alors « architecte du Boy ». Nous ne savons si tel était son titre du temps de François pr, mais tel il fut dès le commencement du règne de Henri II, qui, à la date du 3 avril 1548, par lettres d’office données à Fontainebleau % nomma De l’Orme inspecteur des bâtiments royaux de Fontainebleau, Saint -Germain, etc., en d’autres termes , surintendant des bâtiments de la couronne. Tout montre qu’â partir de ce moment il fut constamment l’architecte préféré de Henri H et celui de Diane de Poitiers, pour laquelle il fit d’importants travaux. Cette haute protection de-
1 Comptes des bâtiments royaux, p. 161 et 165.
vait lui valoir et lui valut effectivement une foule de faveurs; mais la médisance se plut, dans la suite, à en exagérer beaucoup Timportance, car elle répandit le bruit que les bénéfices qui lui avaient été conférés formaient un revenu de 20,000 livres, et ce revenu ne montait qu’à 6,000 , d’après le compte qu’en donne De l’Orme, à la vérité sans y comprendre les émoluments de certaines charges dont il recueillait des avantages notables. Ses bénéfices n’étaient d’ailleurs qu’une juste rémunération pour ses travaux et les dépenses élevées qui lui incombaient; il dit à ce propos : « l’on ne me donna jamais estât et gaiges, ne pensions, ny aultre don que ce soit; et ay toujours mené dix ou douze chevaulx, et estoyent ordinairement sur les champs suivant le commandement que me faisoit le feu roy (Henri II) et ceulx qui me commandoyent ; et tenoys maison partout où je me trouvoys; tant aux cappitaynes, concierges, contrerolleurs et M^s maçons , charpentiers et aultres , tous mangoyent à mon logis , à mes propres despens , sans qu’ilz payassent , ne moings me faire présent de la valleur d’une seule maille. Oultre plus, tous les modelles que je faisoys faire, tant pour le service du Roy que de ceulx qui estoyent auprès de luy, l’on ne m’en payoit pas ung denier, et si j’en ay faict tels qui a cousté deux ou troys cens escuz. »
En 1548, De l’Orme était déjà conseiller et aumônier ordinaire du roi. La première abbaye qu’on
P. DE l’orme.
lui donna en conimende fut celle de Géveton, en Bretagne, dont le revenu ne montait qu’à 300 liv.; il eut, après, celle de Saint-Barthélemy-lez-Noyon, qui rapportait 1,700 livres, et dont il fit prendre possession par un nommé Guillaume Longue-Épée, auquel il donna sa procuration pour cela, le 21 août 1548. En 1560, il eut avec ses moines un procès au sujet des revenus conventuels, dont il s’opposa à ce qu’on prit le tiers dans le but de réédifier les bâtiments du monastère, que le gouverneur de Noyon avait fait entièrement raser en 1557, afin de mieux défendre la ville. De l’Orme perdit son procès, que les moines ne lui pardonnèrent jamais, et, en 1561, on commença à rebâtir l’abbaye, sur un pignon de laquelle ses armes furent sculptées.
Le cartulaire de Saint-Barthélemy nous apprend que ces armes étaient : d'argent à un orme accompagné de deux tours de sinople, et on y fait observer
qu’elles auraient dû être effacées, attendu que De rOrme n’avait aucunement contribué à la dépense*. De l’Orme resta jusqu’à sa mort abbé de Saint-Barthélemy , et le fut en même temps de Saint-EIoy-lez-Noyon , dont il disposait dès 1555, qu’il possédait encore en 1561 , mais qu’il ne mentionne point dans son mémoire manuscrit, nous ignorons pour quel motif. Quant à l’abbaye d’Ivry située au diocèse d’Evreux, et dont le revenu était de 1,300 livres par an, il l’obtint également en 1548 et en rendit hommage au roi le 6 octobre 1549; il avait eu à la disputer à un concurrent, le prieur Edmond Maillard, qui fut évincé de.ses prétentions par sentence du 1 8 janvier 1 549 D'après le Gallia Cànsûana, auquel nous empruntons ces détails^ De l’Orme fit faire dans l’église de l’abbaye des stalles décorées de ses armoiries , et qui, nous nous en sommes assuré, n’existent malheureusement plus. En 1553, il vendit la dîme de la forêt d’Ivry, propriété du monastère, à la duchesse de Valentinois, et en 1560, il renonça en
1 Bibl. lmp., cart. n° 284. — Il est probable que les armes de De l’Orme comprenaient une crosse en pal, derrière l’écu; mais, comme ce détail n’est point indiqué dans le passage du manuscrit , on s’est abstenu de le faire figurer sur le dessin,
2 Le lieu s’appelle maintenant Ivry-la-Bataille, à cause du combat où, en 1590, Henri IV défit l’armée de la Ligue.
3 On ne trouve rien à ce sujet et à cette date dans les registres du parlement.
4 Vol. VII, col. 847 et 1119; vol. XI, col. 654.
P. DE l’orme.
faveur de Jacques de Poitiers, frère de cette dernière, à l’abbaye même, sur laquelle il rappelle orgueilleusement, en tête des trois premiers livres de son second ouvrage , qu’il avait « naguères » étendu son autorité. L’abbaye de Saint-Serge-lez- Angers, qui valait 2,700 livres de rente, récompensa De l’Orme de sa soumission aux volontés de sa puissante protectrice, et le titre d’abbé de Saint-Serge, le dernier qu’il dût à la générosité de Henri II, fut celui qu’il se donnait le plus ordinairement dans les derniers temps de sa vie. H en avait un autre encore, car il fut aussi chanoine de Notre- Dame de Paris, en compagnie de son célèbre collègue Pierre Lescot. Il avait fait signifier au chapitre ses lettres de collation, émanées du cardinal Jean du Bellay, et demandé à prêter serment, le mercredi 3 septembre 1550 \ puis avait été installé le vendredi suivant. Dans les assemblées capitulaires, son nom apparaît pour la première fois^ à la date du 12 janvier 1550 (1551 , n. s.) et figure dans la liste des chanoines du commencement de l’année 1551 ; mais, chose assez singulière, il ne se trouve plus sur celle de 1552 , ni sur celles qui suivent, pendant une dizaine d’années; il revient, au contraire, au bas d’une délibération du 17 novembre 1561, et très- souvent après. La double qualité
1 Les lettres avaient déjà plusieurs mois de date, puisque le cardinalévêque de Paris était mort le 15 mars précédent.
2 Archives de l’Empire, reg. LL 250, p. 107, 109 et 200.
d’aumônier du roi et de chanoine de Paris tend à démontrer que Philibert de l’Orme avait reçu les ordres mineurs.
Dans les arts, plus que partout ailleurs, le succès, même légitime, fait naître des envieux, et par conséquent des ennemis. De l’Orme n’échappa point à cette fatalité et à ses conséquences. Probablement aussi il ne fut point exempt de torts, et il mérita qu’on l’accusât de hauteur et de morgue. Il laisse voir assez complaisamment dans ses ouvrages la haute opinion qu’il avait'de son propre mérite, et, on doit le croire, elle se traduisit plus d’une fois par des actes blessants pour ceux avec lesquels il se trouvait en relation. A propos de la roideur qu"on lui prête, on a souvent invoqué l’anecdote suivante, que nous rapporterons dans les termes employés par le premier qui l’a racontée, et dont on ne cite jamais que les copistes: « En une autre satyre, » dit Binet, dans sa Biographie de Bonsard, « qu’il (Ronsard) appeloit la Truelle crossée\ blasmant le Roy de ce que les
1 Ce poëme n’est point connu et n’a probablement pas été imprimé. Tout ce que nous avons trouvé dans les écrits de Ronsard, qui ait trait à De l’Orme , ce sont ces quatre vers , extraits d’une épître adressée à Charles IX :
J’ay veu trop de maçons Bastir les Tuileries,
Et en trop de façons Faire les momeries.
(OEuvres inédites de Ronsard, par P. Bianchemain, p. 129.)
De l’Orme avait été en de meilleurs termes avec un autre de ses -