DU MODE CONTRADICTOIRE DE M. BRUNETIÈRE
Nous groupons sous celLc rubrique les antagonismes de la pensée de M. Brunetière avec ellemême, quand on ne pcul les attribuer à une évolution.
Ces antagonismes ne sont que de surface. Ils recouvrent une préoccupation constante : celle des intérêts supérieurs de notre société française.
M. Brunetière lui-même n'est pas trop fâché sans doute de se contredire^ car il dit volontiers sur l'autorité de Pascal que la non-contradiction n'est pas une marque nécessaire de vérité ni la contradiction une marque nécessaire d'erreur. Deux vérités ne s'accordent pas? Qu'importe? du moment que ce sont des vérités. Et M. Brunetière, comme Bossuet, les compare aux deux tronçons d'une chaîne qui se rejoindraient quelque part hors de
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notre vue; alors, comme Bossuet toujours, il tient ferme les deux bouts de la chaîne. Ici on voit apparaître tout de suite l'homme d'action. Que font en effet les gens d'esprit spéculatif? Au lieu de tenir ferme, ils lâchent tout pour suivre un des tronçons de chaîne et vérifier si vraiment il se raccorde avec l'autre. Ils entreprennent une longue exploration qui généralement ne les mène à rien. M.Brunetière ne gaspille pas ainsi dans la recherche des principes fondamentaux un temps précieux qu'on peut employer à leur défense. Et il se constitue l'avocat de ces principes.
Avocat plein de désintéressement, et d'ailleurs habile et passionné. En se dévouant aux supports de notre société moderne il accepte par là des clients qui ne sont pas toujours en parfaite communauté d'intérêts, tels l'esprit démocratique et la tradition. Quoi d'étonnant si, plaidant pour eux tour à tour, il est conduit à développer des thèses contradictoires?
On résumera ici, à titre d'exemples, quelquesuns de ces plaidoyers.