‹ Les grands danseurs du roiChapitre 3 sur 22 · DE LA VISITE QVE DUPL'IS FÎT CHEZ LA MARQUISE · texte numérisé non relu

DE LA VISITE QVE DUPL'IS FÎT CHEZ LA MARQUISE

Avoir l'argent, c'élail bien ; mais, pour le resliluer, il fallait arriver jusqu'à la belle marquise, et comment s y pi^endre?

L'expédient d'une leltre vint d'abord a l'esprit de Dupais, et même écrire lui aurait convenu plus que tout le reste, parce que, sous cette l'orme, il se serait senti plus k l'aise pour donner a sa démarche une certaine solennité de paroles et de sentiments qu'elle lui paraissait comporter.

D'un aulre côté, l'idée de revoir sa grande dame et de pouvoir lui témoigner en face quelque fierté, avait bien aussi son attrait; enfin, faute d'avoir un homme a charger d'une commission si déli-

cale, l'aventureux jeune homme résolut de la prendre h son compte, et après quelques soins donnés a sa toilette pour la chance seulement, prétendait-il, d être un peu plus poliment reçu des \alels, il se dirigea vers Thôtel Flavacourl; chemin faisant, il eut bien regret de n'avoir pas soug;é a savoir de Pompée le moyen dont ce fin renard s'était servi la veille pour être introduit.

Arrivé a la porte, le douloureux garçon se sentit saisi d'un terrible balleujent

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de cœur, et ii ne tint à rien qu'il ne retournât sur ses pas.

Cependant, s'étant fait honte a luimême de son peu de courage, il dépassa le seuil et se trouva bientôt face a face avec le cerbère, que le cachet rouge de Pompée avait si merveilleusement apprivoisé.

Pour Dupuis, ce qui le sauva, ce fui sa bonne mine et un air nairuel de noblesse auxquels les gens de service ne manquent jamais de se montrer sensibles, surtout quand il est rclcvo par la propreté du

costume et par des manières un peu déféreutes, sans aller toutefois jusqu'à la gaucherie et a rembarras.

Toutes ces conditions se rencontrant la réunies, le suisse le laissa passer comme pouvant être pris sans aucune invraisemblance pour une connaissance de sa maîtresse, et bientôt Dupuis se trouva en présence de l'introducteur du second degré.

Celui-ci avait plus de flaire et de coupd'oeil, en sorte que le danseur fut d'abord éventé comme n'étant pas un hom-

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