‹ Les grands drames [microforme]Chapitre 21 sur 96 · LAS - = PAPA · texte numérisé non relu

LAS - = PAPA

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Il est repoussant, et il charme. Il est un type de laideur, et il séduit tout le monde, même les femmes, par son esprit, son éloquence et je ne sais quoi de sentimental et de sympathique.

C'est un serpent qui fascine ses victimes.

C'est un hypocrite qui joue tous les rôles, qui feint tous les sentiments, qui verse des larmes sur le sort de ceux qu’il fait mourir, et qui reste toujours maître de lui-même, et dévoué à la satisfaction de sa haine et de son ambition,

Il semble qu’un tel caractère soit inaccessible à la conscience. Eh bien non; il a tout fait pour la tuer en lui, et il croit avoir réussi ; mais elle n'est qu'endormie, et dans la nuit qui précède son châtiment elle se réveille, et comme chez Macbeth, elle tue en lui le sommeil,

Un terrible cauchemar vient le tourmenter, pendant lequel il voit les ombres de toutes ses victimes lui apporter leurs malédictions. C’est une scène effrayante et unique que celle où tous ces fantômes apparaissent sur le théâtre et

eu

viennent lui souffler à l'oreille leurs terribles

anathèmes.

Son premier cri, en s’éveillant, est de la part du poëte un éclair de génie: “ Mon royaume pour un cheval !”

C'est le cri qu'il poussera quelques heures après dans la bataille, lorsqu’il verra son cheval tué sous lui, et qu’il Sentira venir la catastrophe finale !

Il ne raconte pas son rêve, ni le cauchemar qui l’a réveillé, comme Athalie, mais son premier cri suffit à nous le faire connaître, et nous annonce d'avance le sort qui l'attend.

Sa conscience alors le torture: ‘“ O lâche conscience, combien tu me fais souffrir! Ce flambeau jette une lueur bleuâtre. Il est maintenant minuit passé, des gouttes de sueur glacée couvrent ma chair tremblante. Eh bien ! ai-je peur de moi-même? Il n'y a que moi ici...

Insensé, ne te flatte pas ! Ma conscience a mille voix différentes, chacune d'elles me fait le récit d'une action différente, et chaque action me

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4 condamne comme traître, Le parjure, le par- | jure au premier chef, le meurtre, le meurtre

cruel dans ce qu’ila de plus féroce, tous les N : É. crimes enfin, tous commis à tous les degrés se “a pressent à la barre et crient: Coupable! cou- a ; pable ! Il ne me reste que le désespoir. Il n’y pas une créature qui m'aime. Et, si je meurs,

aucune âme n'aura pitié de moi. Et pourquoi en

aurait-on, puisque je ne trouve en moi aucune

pitié pour moi-même? ” Nous avons dit que le style de Shakespeare à est excessif, mais ses personnages le sont aussi.

Ils tombent constamment dans les extrêmes.

| Richard III, Macbeth, Lear, Hamlet ne s'ar- (A rêtent jamais à mi-chemin de leurs pensées ; ils

(4 les poussent toujours à leurs conséquences ex-

trêmes.

Lady Macbeth est plus excessive encore.

Les femmes charmantes et vertueuses igno-

4 rent également la mesure et la modération.

Desdémone pousse la naïveté et la candeur à

l'excès.

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