‹ Les grands drames [microforme]Chapitre 36 sur 96 · AA · texte numérisé non relu

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et le sens moral de son vaste esprit était trop perverti pour qu’il pût apercevoir ce merveilleux champ de bataille où Faust devait combattre Satan. *

I1 voulut que Faust recherchât le Beau, et que par le Bzau il arrivât au Bien.

Mais c’est au contraire par le Bien qu'on arrive au Beau, et il ne manque pas de génies qui ont eu le culte du Beau et qui ne sont jamais arrivés au Bien : témoin, J. J. Rousseau.

Gœthe en est lui-même un exemple illustre et frappant. Son amour du Beau ne l’a pas sauvé de la dégradation. Il a écrit de très belles pages, même sur la morale, et cependant sa conduite

prouve qu'il avait perdu le sens moral et toute volonté de faire le Bien.

Il finit par épouser sa Christiana Vulpius afin de légitimer son fils, mais il s’éprend ensuite de Minna Herzlieb, et ses biographes le représentent courant encore après les petites filles à l’âge de 74 ans ! Déchéance sénile du cœur et de l'esprit | |

DEEE EN PT PENRIER

GŒTHE 215 trop ! Il y a une chose que Gæthe n’a jamais connue, rveil- ‘| une voix intérieure qu’il n'a pas entendue, ou mbat- É qui était peut-être muette chezlui: c’est la cons- À cience.

t que 1 A cause de cette importante lacune, il n’a pu 4 avoir qu'une conception très imparfaite, nuaqu'on 4 geuse et instable de Dieu et de sa loi, du devoir, génies À de la vertu. Il n’en a aperçu que les côtés artisamais | à tiques ou poétiques, et encore les a-t-il envelop- | pés de rêveries et de formules qui en déparent tre et Ë les beautés. 4 sauvé Aussi la conclusion de son second Faust té- à pages, moigne-t-elle de son aveuglement.

duite 1 ‘ J'ai borné mon ambition, dit Faust, à tratoute | verser le monde... Je connais autant qu'il me faut l’horizon terrestre. Quant à ce qui se passe $ afin | plus haut, il ne nous est pas permis de le voir. ite de Insensé qui tourne ses regards de ce côté en ésen- clignant des yeux, et qui s’imagine dans son \ l'âge LE: orgueil dépasser ses semblables de la hauteur des et de cieux. Qu'il s'attache plutôt à la terre, et qu’il is

regarde ce qui est à sa portée. Car pour l’homme

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