‹ Les grands drames [microforme]Chapitre 37 sur 96 · RU A · texte numérisé non relu

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fort le monde ne reste pas silencieux. Pourquoi

errerait-il dans l'infini? Ce qu’il découvre icibas se laisse comprendre ; qu’il achève ainsi sa journée, laissant les images et les ombres décevantes tourner autour de lui; mais s'il va plus loin, il trouvera inquiétude et bonheur sans jamais parvenir à se satisfaire.”

Cette profession de foi de Faust au monde visible seul est celle de Gcœthe ; et parce qu’il n’a rien vu au delà, il prétend que l'humanité ne

peut rien voir. Aussi, comme dit M, Dumas, Dieu méconnu a châtié l’homme dans le poëte, il la frappé d’imperfection, de désordre, d’erreurs, de stérilité, dans son œuvre capitale, dans. celle qui devait le contenir tout entier.

Et le dénouement final? C'est la four de Babel après la confusion des langues. C’est une série d’évocations dans lesquelles toutes les croyances sont personnifiées, même la croyance catholique.

Encore une fois, nous ne pouvons pas analyser le second Zaust; il se refuse complètement à

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l'analyse. Tous les êtres visibles et invisibles, réels et imaginaires, toutes les créations de l’esprit humain, toutes les allégories, toutes les fantaisies, toutes les erreurs y sont personnifiées, mises en scène, et parlent un langage inintelligible.

Mais la conclusion se laisse un peu comprendre : c'est qu’il faut chasser bien loin de notre esprit le monde surnaturel et tous les problèmes de l’autre vie, comme des spectres maudits qui se plaisent à torturer l’espèce humaine. Il faut borner nos regards à l’horizon terrestre, et ce que nous y verrons nous suffira. Regarder

au delà est insensé !

Qué dis-je? Voir le monde visible, matériel,

n’est pas même nécessaire, puisque Faust n’est vraiment illuminé que lorsque le Souci l’a rendu aveugle.

Alors seulement il a l'intelligence complète de cette vie, qui doit être employée à léfricher, à bâtir, à dessécher les marais, à féconder les campagnes et fonder des villes.

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L'activité et le travail manuel sur un sol libre, au sein d’un peuple libre, voilà, pour Faust, le but suprême de la vie et l'idéal du bonheur !

Le pressentiment même d’une telle félicité suffit à Faust pour lui donner cette minute de bonheur ineffable que Satan lui a promise, et pour accomplir enfin la condition de son pacte avec lui.

L’horloge s'arrête alors au coup de minuit, tout est consommé, et Faust meurt. Les Lemures, qui sont dans l'esprit de. Gœthe les revenants du moyen âge, étendent son cadavre sur le sol, et Méphistophélès guette l’esprit qui va s'échapper.

Il appelle même tous les diables à son secours pour s’en emparer.

Mais des troupes d’anges descendent du ciel et vont disputer l’âme de Faust aux démons. Ils font entendre des chants harmonieux, et ils sèment des roses autour du tombeau :

Qu'un printemps pousse Vermeil et frais ;

Il dort en paix.

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De vos débris ; Portez-lui, roses, Toutes les choses Du paradis !

Méphistophélès admire les anges, qu’il appelle de beaux enfants et qu'il croit avoir déjà vus. Il : est même tenté de les aimer : “ J’ai de secrets 14 désirs de chatte en amour,” lui fait dire le poète, à qui n’a jamais compris l'amour qu’à la façon des ke matous. Et après quelques autres inconvenances de langage, dans lesquelles le poète se complaît, Méphistophélès s'aperçoit qu’il a été dupé, et les anges s’envolente, mportant la partie immortelle de Faust. ;

Est-ce le dénouement final ? ju

Non, pas encore. L'âme de Faust, que Gœthe 1 appelle la partie immortelle, fait son ascension, se métamorphose, et se purifie en s’élevant à travers les sphères célestes, au milieu des bienheureux et des anges. Il y a là toutes sortes de personnifications plus ou moins mêlées et confondues.

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‘Enfin, elle arrive jusqu'à Marguerite, l’ancienne victime de Faust, qui est à côté de notre Vierge Immaculée, et qui va maintenant /w:

apprendre le pur amour !

Là sont aussi Marie Madeleine, la Samaritaine, et Marie l'Egyptienne, sans lesquelles le paradis de Gœthe ne serait pas complet !

Et le poète conclut l’œuvre capitale de sa vie par ce dernier mot, qui semble résumer toutes ses croyances et former tout son évangile : ““Z’Æternel féminin nous attire au ciel !”

Hélas ! quand il résumait ainsi sa religion, le poète allemand touchait à l’âge où /’éfernel féminin aurait dû cesser de l’attirer, et n’était plus attiré par lui. |

Ouvrons ici une parenthèse pour rapprocker encore une fois Faust de Job. Car c’est en les comparant que l’on comprend mieux ces deux types qui ont des points de contact et des dissemblances également remarquables.

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Job est un juste, et Dieu l'appelle ainsi. Faust n'est qu'un savant sans foi qui prétend chercher la vérité, et le Seigneur dit de lui : ‘ Il me cherche dans l'obscurité ; s'il persiste, je le condui rai vers la lumière.”

Persévérer constamment et de bonne foi dans la recherche de la vérité, telle est la condition de salut dy philosophe. Mais Faust ne persévère pas. Il se désespère, il tombe dans le scepticisrie et la misanthropie ; et finalement il se tourne vers l’abîme au lieu de regarder le ciel, et il appelle Satan au lieu d'invoquer Dieu.

Job est dans des conditions bien différentes. Il possède la vérité, et ce n’est qu’au plus fort de ses terribles épreuves qu’il chancelle un moment au bord de l’abîime du doute et du désespoir.

Job est heureux d’abord et c’est par le malheur qu’il est tenté ; mais, fort de sa foi, il triomphe du désespoir auquel Faust s’abandonne.

Faust est malheureux au début, et trop faible.

pour supporter son malheur, il demande des

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