PS
Il se prit d’une amitié tendre pour Rotrou,
plus jeune mais plus expérimenté que lui, et il se forma sous sa direction.
Cependant, il ne fit d'abord que des comédies, qui lui valurent beaucoup d'éloges, quoiqu'elles ne fussent pas des chefs-d'œuvre.
Après Mélite, qui est sans doute un anagramme du nom de mademoiselle Milet, qu'il avait aimée, il fit jouer la Veuve. Le succès de cette comédie fut très grand, si l’on en juge par tous les vers élogieux que les poètes du temps adressèrent à l’auteur.
Scudéry, parlant de la Veuve, écrivait cette poésie aux Dames :
Le soleil est levé, retirez-vous, étoiles ; Remarquez son éclat à travers de ses voiles ; Petits feux de la nuit qui luisez en ces lieux, Souffrez le même affront que les astres des cieux,
Orgueilleuses beautés que tout le monde estime, Qui prenez un pouvoir qui n’est pas légitime, Clarisse vient au jour ; votre lustre s'éteint ;
Il faut céder la place à celui de son teint,
Et voir dedans ses vers une double merveille : La beauté de la Veuve et l'esprit de Corneille,
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CORNEILLE 241 otrou, Nous verrons plus loin que ce critique enii, et il thousiasmé par la Veuve, trouva le Cid détes-
table, ce qui donne une idée exacte de son goût médies, ‘| littéraire.
qu'elles Le poète Mairet écrivait de son côté :
Rare écrivain de notre France, Qui le premier des beaux esprits t, qu'il As fait revivre en tes écrits
n ana-
succès L'esprit de Plaute et de Térence, 5 Sans rien dérober des douceurs -n Juge De Mélite ni de ses sœurs,
tes du O dieux! que ta Clarisse est bel!e, Et que de veuves à Paris Souhaiteraient d’être comme elle t cette Pour ne manquer pas de maris !
Malgré ces succès, Corneille n'avait pas encore trouvé sa voie. Par bonheur, dans un de ses voyages à Rouen, il fit la rencontre d’un
x. ami qui lui fit comprendre qu'il était fait pour autre chose que pour la comédie. En même temps, cet ami lui conseilla d’étudier la littérature espagnole, alors en pleine floraison.
C'était précisément la direction qu'il fallait