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CORNEILLE 245 ul de l’Académie, à laquelle la question avait été 7. référée.
di- Mais en fin de compte, le Ci triompha de la critique, de Richelieu et de l'Académie. Il eut sr raison auprès du peuple français, et, comme ' le disait alors Balzac en réponse aux critiques, . “ c'est quelque chose de plus d’avoir satisfait ‘out | la pes ei : joue, un royaume que d’avoir fait une pièce régulière. 7 Dans une de ses satires, Boileau put donc dire le. } au avec vérité :
[vit es, En vain contre le Cid un ministre se ligue, na Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue. L'Académie encore a beau le censurer, de Le public révolté s’obstine à l’admirer, eau Malgré ce triomphe, il est juste de reconnaître e la | que plusieurs des critiques dirigées contre le en Cid étaient bien fondées.
qu’à | Sans doute, l’ensemble était plein de grandeur et d’une rare élévation. Jamais la poésie dradu matique n'avait représenté un plus admirable
ent tableau des mœurs chevaleresques, et n'avait mis
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sur la scène de plus grands modèles d'honneur, de patriotisme et de vertu.
Mais, à côté de ces grandeurs, il est certain qu'il y a des faiblesses. A côté des vers subli-
- mes, il y en a de médiacres, et même de mauvais.
Le langage de Chimène et de l’infante est par endroits maniéré, précieux. Elles font des efforts d'esprit trop visibles. Leurs sentiments sont quelquefois alambiqués. Cependant ces critiques ne s'appliquent qu'aux détails de l’œuvre, et ces fautes sont amplement rachetées par les grandes qualités dramatiques dont le poète fait preuve.
Ces qualités se retrouvent dans toutes les grandes tragédies de Corneille, et lui ont mérité la gloire insigne dont la France et le monde ont couronné son front.
Comme disait plus tard son émule, Racine, le théâtre était dans l'enfance lorsque Corneille vint, et ce fut son génie qui le créa.
‘Le siècle, ajoute l’auteur d’Afkadie, qui se glorifie aujourd'hui d’avoir produit Auguste,
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CORNEILLE 247 ne se glorifie guère moins d'avoir produit Horace et Virgile. Ainsi, lorsque, dans les âges suivants, on parlera avec étonnement des victoires prodigieuses et de toutes les grandes choses qui rendront notre siècle l’admiration de tous les siècles à venir, Corneille, n’en doutons point, Corneille tiendra sa place parmi toutes ‘ ces merveilles. La France se souviendra avec plaisir que, sous le règne du plus grand de ses rois, a fleuri le plus grand de ses poètes. ”
Les qualités que l’on admire le plus dans le théâtre de Corneille sont la grandeur des caractères qu'il met en scène, la force dans l’expression et le jeu des passions, la noblesse et la dignité dans les sentiments de ses héros, la raison profonde qui éclate dans leur discours, et la variété des situations.
Pour en faire mieux juger, analysons maintenant le Ci2.
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