‹ Les grands drames [microforme]Chapitre 7 sur 96 · ROME · texte numérisé non relu

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toute voie de vraie science, et qui l’a donnée à Jacob son serviteur, et à Israël son bien-aimé.

“ Après cela, il a été vu sur la terre, et il a demeuré avec les: hommes.”

Le Prométhée des Grecs est donc à la fois un mythe du premier homme, et une figure païenne du Christ. Le feu qu’il a dérobé, et apporté aux hommes, est, dans le passé, la science du bien et

du mal, et sera dans l’avenir, la charité, l'amour,

la vraie sagesse.

Les philosophes modernes et les libres penseurs ont voulu voir dans Prométhée le premier et le plus grand des révolutionnaires. Ils en ont fait le type de l'humanité luttant contre Dieu, le verbe humain en révolte contre le verbe divin!

Mais les traits principaux du Prométhée d’Eschyle contredisent cette hypothèse ; et nous allons voir, en entrant dans les détails du drame, que des ressemblances multiples et frappantes le rapprochent plutôt de ces deux types qui partagent l’histoire du monde en deux grandes périodes : Adam, pécheur et châtié, mais atten-

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dant sa rédemption avec confiance, et Jésus- | Christ, chargé des péchés des hommes, souffrant ‘ir pour leur expiation, et détré ant Jupiter pour jamais.

Comment Eschyle a-t-il pu connaître ce:

deux types, dont l’un ne devait apparaître aux à hommes que cinq cents ans plus tard? C'est à une question que nous examinerons en terminant. Pour le moment, veuillez bien suivre avec attention l'analyse que je vais faire du drame. Et si vous ne perdez pas de vue que les tableaux et les paroles que je vais reproduire sont l'œuvre d'un poète qui vivait cinq siècles avant ; Jésus-Christ, votre étonnement devra égaler le à mien.

x IV Condamné par Zeus, Prométhée est conduit ; au lieu du supplice par la Force et la Puissance. La Force est muette et insouciante, tandis que N la Puissance s'agite, s'exalte, accuse, et réclame instamment le châtiment. F .Si vous étudiez ces deux agents de Zeus, en

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Jésus- vous représentant Prométhée comme une figure ffrant du Christ, vous remarquerez que la Puissance a pour tous les traits de la Synagogue—et que la Force ressemble à Ponce Pilate, qui cède aux menaces re CC et aux objurgations de la Synagogue, et qui re aux croit laver son crime en lavant ses mains. | C'est Vous serez frappés des paroles de la Puis- "1 termi- sance, qui prétend exprimer la pensée de Zeus e avec ou Jupiter, comme la Synagogue prétendait dé- $ drame. fendre les intérêts de Dieu dans sa lutte contre à les ta- le Christ. Représentez-vous notre Jésus dans re sont son double rôle de Rédempteur et de Docteur, avant s Ne 4 et vous reconnaîtrez que la Synagogue a pu et ler le M Gi dû adresser à Pilate des paroles semblables à celles-ci, que la Puissance adresse à la Force : “ Fais ce que le Père t'ordonne d'accomplir ! onduit Enchaîne ce malfaiteur ; châtie-le d'avoir oudt 06: tragé les dieux. (Caïphe disait : Il a blasis que phémé !) Qu'il apprenne à respecter la tyrannie éclame Ge Zeus, et à ne plus tant aimer les hommes !”

C'est bien le crime de Jésus d’avoir trop aimé les hommes, et c'est bien pour cela qu'il a été

mis à mort. La loi ancienne était une loi de crainte sous laquelle les hommes gémissaient ém servitude : il est venu la remplacer par la loi d'amour !

L’exécuteur des hautes œuvres de la Puissance, qui doit clouer le Titan sur son rocher, est Héphestos. Il balance entre la compassion et la sensibilité. Il plie sous le joug, il obéit, mais en même temps il est tenté de s’apitoyer. Il est cependant convaincu des torts de Prométhée, et il dit à sa victime : ‘ Voilà le fruit de ton amour pour les hommes. Tu as fait de trop

grands dons aux mortels.” Puis, il se retourne

vers la Puissance, et, tout en exécutant la sentence, il gémit en disant :

“Tu es sans pitié et pleine d'audace... Ta “ parole est aussi dure que ton visage. Cette ‘“ tâche, que n'est-il donné à un autre de l’ac- “ complir !... Hélas ! Prométhée, je me lamente ‘ sur tes maux... Habileté de mes mains, que ‘ je te déteste ! ”

Les bourreaux du Christ ont dû éprouver ces

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