‹ Les grands drames [microforme]Chapitre 71 sur 96 · PYRRHUS · texte numérisé non relu

PYRRHUS

Allez, madame, allez voir votre fils.

Peut-être, en le voyant, votre amour plus timide an) Ne prendra pas toujours sa colère pour guide. 1e Pour savoir nos destins j'irai vous retrouver : fn Madame, en l’embrassant, songez à le sauver.

C'est ainsi que le drame se noue. La situation dramatique s’accuse, et les passions contraires entrent en lutte. 0

Mais d’autres graves conflits vont surgir.

Oreste aime Hermione, qui n'aime que Pyrrhus ; et il espère que Pyrrhus, ayant à choisir entre Andromaque et Hermione, choisira la première. Dès lors, il ne restera à la seconde d'autre parti à prendre que d'abandonner l’Epire so et de le suivre en Grèce. è

Ore:te a eu une entrevue avec Hermione à ‘oi

ce sujct, et il s’est assuré de ses sentiments ; elle la même chargé de presser Pyrrhus de se décider entre la princesse de Grèce et sa captive.

ñ (229 PA : ALU à

Lys L pui DRE GE NS

L'ÉRECTION a

{ HA PH P LC AS LA On lc dE 0

me ren

iii ee mme ee men me meme

Oreste, auquel Pyrrhus a déjà refusé Astyanax, est sûr d'avance qu'il se prononcera en faveur de la captive.

Quelle n'est pas sa surprise quand Pyrrhus vient lui annoncer qu'il a changé d'avis, qu’il lui livrera l’enfant d'Hector, et qu'il épousera Hermione !

Pourquoi ce changement ?

C’est que Pyrrhus, repoussé par Andromaque, veut la punir, ou tout au moins l’effrayer ; et il s’imagine pouvoir obtenir par la crainte ce qu'il n'a pu gagner par l’amour.

Pauvre mère |! quelle terreur s'empare d'elle en effet lorsqu'elle entend Pyrrhus s’écrier :

Allons aux Grecs livrer le fils d’Hector !

Elle se précipite à ses genoux :

Ah ! seigneur, arrêtez ! Que prétendez-vous faire ? Si vous livrez le fils, livrez-leur donc la mère ! Vos serments m'ont tantôt juré tant d’amitié ! Dieux ! ne pourrai-je au moins toucher votre pitié ? Sans espoir de pardon m’avez-vous condamnée ?

Pyrrhus se plaint alors qu’elle n'a pour lui que de la haine et du mépris. Pourquoi sauve- | rait-il son fils? “Si je le sauvais, dit:il, vous f l'en aimeriez moins, tant vous me haïssez !” 4 Andromaque se fait suppliante : ke

Seigneur, voyez l’état où vous me réduisez.

J'ai vu mon père mort, et nos murs embrasés ;

Et mon époux sanglant traîné sur la poussière, Son fils seul avec moi, réservé pour les fers.

Mais que ne peut un fils! Je respire, je sers,

J'ai fait plus ; je me suis quelquefois consolée Qu'ici plutôt qu'ailleurs le sort m’eût exilée, Qu’heureux dans son malheur, le fils de tant de rois, Puisqu’il devait servir, fût tombé sous vos lois :

J'ai cru que sa prison deviendrait son asile,

Jadis Priam soumis fut respecté d'Achille ; J'attendais de son fils encor plus de bonté.

Pardonne, cher Hector, à ma crédulité !

Je n’ai pu soupçonner ton ennemi d’un crime ; Malgré lui-même, enfin, je l’ai cru magnanime,

Ah ! s’il l'était assez pour nous laisser du rmoins ‘Un tombeau qu’à ta cendre ont élevé mes soins,

Et que, finissant 1à sa haine et nos misères,

11 ne séparât point des .dépouilles si chères ! ,

Pyrrhus ne demande pas mieux que d’être

# PPT TITI Der UN db + 1h. PA TN? ES En NN EAP QU MOT SCENE NERO

ee me to mo + à eo à M ne manne ee che nn dr mtmtenreanmanne +

touché ; mais il voudrait un peu d'amour en retour de ses bontés :

Pourquoi me forcez-vous vous-même à vous trahir ? Au nom de votre fils, cessons de nous haïr,

A le sauver enfin c’est moi qui vous convie,

Faut-il que mes soupirs vous demandent sa vie ? Faut-il qu’en sa faveur j'embrasse vos genoux ?

Pour la dernière fois, sauvez-le, sauvez-nous,

Je sais de quels serments je romps pour vous les chaînes ; Combien je vais sur moi faire éclater de haines ;

Je renvoie Hermione, et je mets sur son front,

Au lieu de ma couronne, un éternel affront :

Je vous conduis au temple où son hymen s’apprête ; Je vous ceins du bandeau préparé pour sa tête.

Mais ce n’est plus, madame, une offre à dédaigner ; Je vous le dis : il faut ou périr ou régner,

Mon cœur, désespéré d’un an d’ingratitude,

Ne peut plus de son sort souffrir l’incertitude,

C’est craindre, menacer et gémir trop longtemps :

Je meurs si je vous perds ; mais je meurs si j'attends, Songez-y : je vous laisse ; et je viendrai vous prendre Pour vous mener au temple où ce fils doit m’attendre. Et là vous me verrez soumis ou furieux,

Vous couronner, madame, ou le perdre à vos yeux,

Quelle situation! Andromaque exhale ses

plaintes devant Céphise, sa confidente ; et celle-

ci l’engage à épouser Pyrrhus.

Page 1