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Mais cette idée révolte Andromaque, qui garde toujours vivants les souvenirs du passé :
Dois-je oubKer Hector privé de funérailles, Et traîné sans honneur autour de nos murailles ?
Dois-je oublier mon père à mes pieds renversé,
Ensanglantant l’autel qu'il tenait embrassé ?
Songe, songe, Céphise, à cette nuit cruelle à Qui fut pour tout un peuple une nuit éternelle ; Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants,
Entrant à la lueur de nos palais brûlants,
Sur tous mes frères morts se frayant un passage,
Et, de: sang tout couvert, échauffant le carnage. [rants, Songe aux cris des vainqueurs, songe aux cris des mou- Dans la flamme étouflés, sous le fer expirants ; Peins-toi dans ces horreurs Andromaque éperdue, Voilà comme Pyrrhus vint s’offrir à ma vue :
Voilà par quels exploits il sut se couronner ;
Enfin, voilà l’époux que tu me veux donner.
Non, je ne serai point complice de ses crimes ;
Qu’il nous prenne, s’il veut, pour dernières victimes, Tous mes ressentimens lui seraient asservis, ..
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Céphise l’iaterrompt :
Eh bien, allons donc voir expirer votre fils ! ses
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La malheureuse mère frémit à cette parole.
Ses angoisses redoublent, et ne sachant plus
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que répondre aux instances de Céphise, elle prononce ces paroles, qui terminent le troisième acte par un coup de théâtre :
Allons sur son tombeau consulter mon époux.
Le tombeau s'est ouvert et le mort a parlé.
Andromaque épousera Pyrrhus, afin de sauver son fils; mais aussitôt que la cérémonie sera terminée, elle se tuera.
Voici dans quels termes elle fait part de son
projet à Céphise :
Quoi donc ! as-tu pensé qu'Andromaque infidèle Pât trahir un époux qui croit revivre en elle !
Et que, de tant de morts réveillant la douleur, Le soin de mon repos me fit troubler le leur ? Est-ce là cette ardeur tant promise à sa cendre ? Mais son fils périssait, il l’a fallu défendre ; Pyrrhus en m'épousant s’en déclare l'appui ;
Il suffit : je veu. bien m'en reposer sur lui,
Je sais Pyrrhus : violent mais sincère, Céphis era plus qu’il ‘a promis de faire.
Sur le cuurroux des Grecs je m'en repose encor ;
Leur haine va d nner un père au fils d’Hector. Je vais donc, puisqu'il faut que je me sacrifie, Assurer à Pyrrhus le reste de ma vie ;
e, elle Je vais en recevant sa foi sur les autels, | : L'engager à mon fils par des vœux immortels ; e (trol- Mais aussitôt ma main, à moi seule funeste,
D'une infidèle vie abrégera le reste ;
Et sauvant ma vertu, rendra ce que je doi
A Pyrrhus, à mon fils, à mon époux, à moi,
Voilà de mon amour l’innocent stratagème :
arlé. Voilà ce qu’un époux m'a commandé lui-même ; de sau- J'irai seule rejoindre Hector et mes aieux. émonie Céphise, c’est à toi de me fermer les yeux,