CÉPHISE
de son Ah! ne prétendez pas que je puisse survivre...
ANDROMAQUE
Non, non, je te défends, Céphise, de me suivre : Je confie à tes soins mon unique trésor ;
Si tu vivais pour moi, vis pour le fils d'Hector, De l'espoir des Troyens seule dépositaire ; Songe à combien de rois tu deviens nécessaire. Veille auprès de Pyrrhus; fais-lui garder sa foi. S'il le faut, je cunsens qu’on lui parle de moi, Fais-lui valoir l’hymen où je me suis rangée : Dis-lui qu'avant ma mort je lui fus engagée ; Que ses ressentiments doivent être effacés ; - Qu'en lui laissant mon fils, c’est l’estimer assez. Fais connaître à mon fils les héros de sa race : Autant que tu pourras, conduis-le sur leur trace ; Dis-lui par quels exploits leurs noms ont éclaté, Plutôt ce qu’ils ont fait que ce qu’ils ont été :
Parle-lui tous les jours des vertus de son père,
Et quelquefois aussi, parle-lui de sa mère ;
Mais qu’il ne songe plus, Céphise, à nous venger ; Nous lui laissons un maître, il le doit ménager.
Qu'il ait de ses aïeux un souvenir modeste :
Il est du sang d’'Hector, mais il en est le reste : ‘ Et pour ce reste enfin j’ai moi-même en un jour Sacrifié mon sang, ma haine et mon amour,
La nouvelle que Pyrrhus épouse Andromaque se répand, et jette Hermione dans une véritable rage. Elle mande Oreste, qui l’aime toujours, et elle lui promet qu’elle sera sa femme, mais à une condition: c'est que le jour même, dans une heure, il l'aura vengée, en tuant Pyrrhus !
Oreste hésite. Il serait bien prêt à déclarer la guerre à Pyrrhus et à le tuer dans une bataille, mais il ne peut pas l’assassiner, Cependant il le faut pour conquérir la terrible Hermione, et il s’y résout, à la fin.
Accompagné d’une troupe de Grecs, ilse rend donc au temple, où doit s’accomplir l’hymen de Pyrrhus; et lorsque celui-ci, posant le diadème sur le front d’Andromaque, la proclame reine, et
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voue à son fils une amitié de père, les Grecs poussent des cris de rage, se précipitent sur lui, et le poignardent.
Oreste vient alors annoncer à Hermione que sa vengeance est satisfaite, et lui demander la
récompense de son crime.
Mais Hermione le repousse :
Va faire chez tes Grecs admirer ta fureur, Va : je la désavoue, et tu me fais horreur,
Barbare, qu'as-tu fait? Avec quelle furie
As-tu tranché le cours d’une si belle vie ?
Avez-vous pu, cruels, l’immoler aujourd’hui,
Sans que tout votre sang se soulevât pour lui ?
Mais parle : de son sort qui t’a rendu l'arbitre ? Pourquoi l’assassiner ? Qu’a-t-il fait ? A quel titre ? 1 Qui te l’a dit ? HA
ORESTE, O dieux ! Quoi! ne m’avez-vous pas Vous-même, ici tantôt, ordonné son trépas ?