‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 101 sur 559 · On disait en viens français ap- nanee · texte numérisé non relu

On disait en viens français ap- nanee

je fusse déjà au combat. « Non, non, non, Sire, ces genslà ne sont pas pour estre deffaits. Si messieurs qui en parlent les avoient veus en besongne *, ilz changeraient d'avis, et vous aussi ; ce ne sont pas soldats pour reposer dans une garnison ; ilz demandent l'ennemy et veulent monstrer leur valeur; ilz vous demandent permission de combattre ; si vous les refusez, vous leur osterez le courage, et serez cause que celuy de vostreennemy s'enflera; peu à peu vostre armée se deffera. A ce que j'ai entendu , Sire, tout ce qui esmeut messieurs qui ont opiné devant Votre Majesté est la crainte d'une perte ; ilz ne disent autre chose, si ce n'est : Si nous perdons, si nous perdons; je n'ay ouy personne d'eux qui aye jamais dit : Si nous guaignons, si nous guaignons, quel grand bien nous adviendra ! Pour Dieu, Sire, ne craignez de nous accorder nostre requeste, et que je ne m'en retourne pas avec ceste honte qu'on die * que vous avez peur de mettre le hasard d'une bataille entre nos mains, qui vous offrons -volontiers et de bon cœur nostre vie. » Le roy qui m'avoit fort bien escouté, et qui prenoit plaisir à voir mon impatience, tourna les yeux devers monsieur de Sainct Pol, lequel luy dît alors :

t Monsieur, voudriez-vous bien changer d'opinion pour le dire de ce fol8, qui ne se soucie que de combattre, et n'a nulle considération du malheur que (te vous seroit si perdions la bataille : c'est chose trop importante pour la. remettre à la cervelle d'un jeune Gascon. — Alors je lui respondis ce mesme mot : Monsieur, asseurez-vous que je ne suis point un bravache *, ny si escorvelé que vous me pensez. Je ne dis point cecy pour braverie : car, s'il vous souvient de tous les advertissements que le roy a eu depuis que nous sommes retournés de Perpignan en Piedmont, vous trouverez qu'à pied ou à cheval, où nous avons trouvé les ennemis, nous les avons toujours battus... Il ne nous faut faire autre chose sinon de bien ad viser8 de ne les aller assaillir dans un fort, comme nous fismes à la Bicoque •, mais monsieur d'Anguyen T a trop de bons et de

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