De pins. Plus vivômeût>n'efit g"ere qne du latin
approprié au génie français • et qu'on
9. M. Gérntez jage ainsi cette pré- pourrait, sans beaucoup d'efforts, rap- &ce : peler à son origine. En effet, les deux
« On remarquera la nonveanté de textes do même ouvrage, le latin et le cette langue , que personne n'avait français, écrits de la même main, exparlée avant Calvin avec cette netteté cellents tons deux, ont le même oaet cette abondance , cette précision et ractère, tant est grande l'affinité des vAit richesse. Si l'on compara Calvin deux langues ! »
CALVIN m
n ne me chault1 des moqueurs qui disent que nous en parlons bien à nostre ayse, et ce n'est point à moy qu'ils s'attachent*, d'autant qu'il n'y a rien icy de mon cru, comme on le croit. Autant en dis-je des philosophes qui prononcent leur sentence sans sçavoir comment : car puisqu'ils ne veulent èscouter Dieu, lequel parle à eux pour les enseigner, je les ajourne devant son siège judicial *, là où ils ouïront sa sentence, contre laquelle il ne sera plus question de répliquer. Puisqu'ils ne daignent maintenant l'ouïr comme maistre, ils le sentiront alors leur juge endespitde leurs dents *. Les plus habiles et les plus rusés se trouveront icy trompés en leur compte ; qu'ils soyent stylés tant qu'ils vouldront à renverser ou obscurcir le droit, leurs chaperons * fourrés auxquels ils se mirent9, et en s'y mirant s'aveuglent, ne leur donneront point la cause guaignée. Je dis cecy pour ce que7 messieurs les conseillers, juges et advocats, non-seulement entreprennent de plaider contre Dieu, pour avoir le plaisir de se moquer de luy ; mais en rejetant toute l'Escripture sainte, dégorgent* leurs blasphèmes comme des arrêts souverains. Et .tels marmousets • seront si orgueilleux, qu'après avoir dict ce mot ils ne pourront souffrir que raison de vérité aytlieu. Si est-ce10 qu'en passant je leur annonce qu'il vauldrait mieulx qu'ils pensassent quelle horrible vengeance est apprestée à tous ceux qui convertissent la vérité en mensonge.
Que les docteurs de chambre ou de table ne prennent point icy un degré trop hault pour eux ; c'est de gergonner * contre le Maistre céleste, auquel il nous convient tous
I. Je n'ai pas souci iê. Du verbe cha- On dissft aussi chapelet, dans le même
Wr, de ealere, être plein de feu pour. sens.
î. S'attachent: a le sens de s'alla- 6. Il vent dire : dont Us sont si
fuer, livrer combat à : ces deux mots fiers,
se prenaient lfcm pour l'antre. On lit 7. pour ce que (parce que),
dans Beaudonin de Sebourc : « Elle 8. Dégorgent {de-gorge, qui vient de
attaque (attache) an mantel une riche gurges, gouffre).
exarboucle. • 9t Marmouset, petite figure grotes-,
3. Le trône où il juge. <ïae> vient de marmoretum, (figurine*
. . en marbre). La rue des Marmousets
4. Dents— ; tout en grinçant des s'appelait vient Marmoretorum. *ent8« 10. Voilà pourquoi..»
5. Chaperon, chapeau, comme chape, il. Gergonner, pour jargonner,- (du mal te cap?* (manteau i capuchon), mot jars, l'oie).
m CLASSIQUES 9AANÇAIS
de donner audience. Les beaulx ne feront icy rien pour exempter personne, sinon que messieurs les abbés, prieurs, doyens et archidiacres seront conlraincts de mener la danse en la condamnation que Dieu fera. Si messieurs les courtisans ont accoustumé de contenter les hommes par leur eau bénite, qu'ils n'attendent pas de faire le semblable à Dieu* Que tousgaudisseurs1 se départent* de leur donner leurs coups de bec, de jeter leurs brocards3 accoutumés, s'ilBne veulent pas sentir la main forte de celuya la parole duquel ils devroient trembler. C'est un abus trop lourd de se faire accroire qu'en me prenant à partie ils n'auront plus Dieu pour juge. Qu'ils raclent * mon nom de leurs papiers en ceste matière, d'autant que je ne prétends sinon que Dieu soyt escoutô et obéy, et non pas de gouverner les consciences à mon appétit', ny de leur imposer nécessité eu loy*
Nous mettons hors de doute que les hommes ayant un sentiment de Divinité en eux, voire 7 d'un mouvement na* turel. Car, afin que nul ne cerchast8 son refuge sous titre d'ignorance, Dieu à imprimé en tous une cognoissano* de soy-mesme , de laquelle il renouvelle tellement la mémoire, comme s'il en distilloit goutte à goutte : afin que quand nous cognoissons depuis le premier jusques au dernier qu'il y a un Dieu et qu'il nous a formez, nous soyons condamnez pour nostre propre tesmoignage, de ce que nous ne l'aurons point honnoré, et que nous n'aurons point dédié9 nostre vie à lui obéir. Si on cherche ignorance pour ne sçavoir1* que c'est de Dieu, il est vray semblable qu'on n'en trouvera pas exemple plus propre qu'entre les peuples héb.êtez ", et qui ne sçavent quasi que c'est d'humanité* Or, comme dit Cicéron, homme payen, il ne se trouve nation
1. 11 s'attaque ici au parti des U- *» Suivant mes ambitjgns. bertim, qui faisait tive opposition à 6, tt mit le nrbi 4w gl XmAmk son autorité dogmatique. ••».•**,. ^± * à
*C /de ' Mf é, rralment
3. Brocard désigne au moyen âge, 8. Cherchât (dn latin circare, mot dans la langue des écoles, les sentences q«i est dans PrOperce, avec le sens cie de Brocardus, évoque de Worms , qui errer ça et iàt drcum).
compila vingt livres de règles ecclè- 9ê d6 dedicare, consacrer.