‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 15 sur 559 · I. Par Joachim Du Bellay, 154», j · texte numérisé non relu

I. Par Joachim Du Bellay, 154», j

fi? PHILOLOGIQUE IIYII

d'avance pour interprète un puissant railleur, François Rabelais, qui semblait prévoir Ronsard et ses disciples, lorsque les « rapetaueurt de vieilles ferrailles latines » passèrent sous ses verges, en compagnie de l'étudiant limousin. « Mon amy, dit Pantagruel, dond viens-tu à ceste heure ? L'esoolier luy respondit : De l'aime, inolyte et célèbre académie que Ton vooite Lutèoe.— Qu'est » dire? dist Pantagruel à nng de ses gens. C'est, re*pondit*il, de Paris..— Tu viens donc de Paris, dist-il, et à quoy passez-vous le temps, vous aultres, jnes~ sieurs estudians? — Bespondit l'eseolier t Nous traosficetons la Se» Q^uane au diluçule et crépuscule; nom déambulons par les compiles et quadrivies de Tarte; nous despumons la verbocination latiale.,, — Qu'est-ce que veult dire ce fol? s'esoriePantagiuel; je croy qu'il nous forge ioy quelque langneige diabolique. — A quoy dist nng de ses gens : Seigueur, sans nul doubte, ce gallant veult contrefaire la langue des Parisiens ; mais il ne lait que esoorehei le latin, et euide ajuii finfrriser; et luy semble bien qu'il est quelque grand orateur en françois, parce qu'il desdaigoe V usante commun de parler. »

Cette excellente leçon ne vaille pas à l'ediesse des énergumènes qui se préparaient, comme l'étudiant limousin, a k escorter Je cuticule de cette vetmacuU gallium ? » Eux aussi, ils trouvèrent à qui parler ; et, en attendant une dictature qu'ils avaient rendu» désirable S 1I9 n'échappèrent pas à l'ironie nenanoiso d'un bel esprit, Meilin de Saint-Gelais, qui vengea son maître Marot, en divertiasasit la cour et la ville par m Olympique* et ses Pvthiquos, on il parodiait le carnaval solennel de la Pléiade. Cette fronde légère suffis à terrasser le Goliath de la poésie % «t, malgré de pompeuses fusé* raillas, malgré les énitaphet bruyantes qui ranimèrent os instant la ferveur des dévots, la gloire de Ronsard avais déjà bien pâli quand U mourut fort* propos, à la veille du jour «n Malherbe allait mflm Tenir,

Cette grandeur et nette déeadenoe dhine éeeJe qui ^éclipsa ai vke> après avoir brillé d'un « vif éolat, ne eontiet&tJie pas un enseignement? En VOjant cet paladins subir la même disgrâce que les der* niers héros de la chevalerie errante, nous devons estimer leur talent, mais reconnaître qu'il fit iauase route, et que son discrédit fut mérité ; car ils avaient en le tort* oorame le dit M. Nisard, de ressembler « à eea nouveaux enrichis qui couvent leurs trésors , et sont possédés par leur fortune, au lieu de la posséder, » Pour mieu* tolairer cette conclusion, demandons-nous dans quelle mesure lé greo et le latin aidèrent à la formation de notre langue.

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