‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 150 sur 559 · Deviser (parler de) signiGa d'à- 7- Curiolan · texte numérisé non relu

Deviser (parler de) signiGa d'à- 7- Curiolan

bord traiter, et venait de divisare (dis»- S. l>e subinde (souvent),

tribder). 9. Défis, de bravo, courageux.

nul aultre des Volsques, trouver quelque moyen de rendre aux Romains la pareille des maulx et dommages qu'ils leur avoient faist, il feit un acte qui tesmoigne bien ce que dit un poète ancien estre véritable :

Difficile est i l'ire * résister, Car si elle a de quelque chose envie, . Elle ozera hardiment l'acheptex De son sang propre au péril de sa vie.

Mnsi feit il : car il se desguisa d'une robe, et prit un accoustrement auquel il pensa que Ton ne le cognoistroit jamais pour celuy qu'il estoit, quand on le verroit en cest habit, et, comme dit Homère d'Ulysses, « ainsi entra en ville (fermerais. »

11 estoit jà sur le soir quand il y arriva, et y eut plusieurs gens qui le rencontrèrent par les rues, mais personne ne le recogneut. Ains s'en alla il droit à la maison de Tullus, là où de primsault il entra jusques au foyer, et illec * s'assoit sans dire mot à personne, ayant le visage couvert et la teste affublée8 : de quoy ceulx de la maison furent bien esbahis *, et néanmoins ne l'ozèrent faire lever : car, encore qu'il se cachast, si recognoissoit on ne sçay quoy de dignité en sa contenance et en son silence, et s'en allèrent dire à Tullus, qui souppoit, ceste estrange façon de faire. Tullus se leva incontinent de table, et s'en alla devers luy, luy demanda qui il estoit, et quelle cbose il demandoit. Alors Martius se desboucha1, et après avoir demouré un peu de temps sans respondre, luy dit : « Si tu ne me cognois pas encore, Tullus, et ne crois point, a me voir, que je sois celuy que je suis, il est force • que je me decelle et descouvre moy mesme. Je suis Gaius Martius qui ay fait et à toi en particulier, et à tous les Volsques en général, beaucoup de maulx, lesquels je ne puis nier pour le surnom de Goriolanus que j'en porte : car je n'ay recueilli aultre fruict, ny aultre récompense de tant de travaux que j'ay endurés, ny de tant de dangers auxquels je me suis exposé, que ce surnom, lequel tesmoigne la malveillance que vous debvez avoir encontre moy : il ne m'est demouré que cela seulement; tout le reste m'a esté osté

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