Pucelle. Ce mot, noble alors, si- vt ier
gnifiait jeune fille [fuella). 10. Déchiré, taillé de.
I teint reJuisoit davantage pour le lustre que lui donnait le 1 sang qui lui estoit coulé sur le visage. Quant à ses yeux, la douleur que son corps endurait, les lui abattoit; mais le regard d'une amie les rouvroit et attiroit à soy. (L'histoire Êthiopique de Eéliodorus; Théagènes Thessalien et Charicléa Éthiopienne, édit. i 559.)
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11 y avoit assez près de là une louve, laquelle ayant naguère louveté, ravissoit des aultres troupeaux de laproye à foison 1> dont elle nourrissoit ses louveteaux ; par quoy les paysans du prochain village faisoient la nuit des fossés et pièges de quatre brasses de largeur et autant de profondeur, et répandoient au loin la plus grande partie de la terre qu'ils en avoient tirée, puis les couvraient avec des verges longues et gresles, etsemoient par-dessus le demourant de la terre, à seule un que la place parust toute pleine et unie comme devant; en manière que s'il n'eust passé pardessus qu'un lièvre seulement, en courant, il eust rompu lesverges, qui estoient, par manière de dire, plus foibles que brins de paille, et lors eust-on bien veu que ce n'estoit point terre ferme, mais une feinte seulement. Ayant faist plusieurs telles fosses en la montagne et en la plaine, ils ne peurent néanmoins prendre la louve ; car elle s'aperçeut bien de leur ruse, mais'tuèrent plusieurs chèvres et plusieurs brebis, et presque Daphnis lui-mesme par tel inconvénient.
Deux boucs de son troupeau s'eschauffèrent tellement à combattre l'un contre l'aultre, et se heurtèrent si rudement que la corne de l'un fut rompue; de quoy sentant grande douleur celuy qui estait écorné, se mit en bramant à fuir, et le victorieux a le poursuyvre, sans lui donner loisyr de reprendre haleine. Daphnis fut fort marry * de veoir l'un de ses boucs ainsy mutilé de sa corne ; et bien courroucé contre la fierté de l'aultre qui estoit encore si aspreàle poursuivre aprèz l'avoir battu, si * prend un baston en son poing et sa houlette à l'aultre, et s'en court aprèz ce poursuyvant. Ainsy, le bouc fuyant les coups, et Daphnis le poursuyvant en courroux, ne regardèrent pas bien ni l'un ni l'aultre devant eulx; car ils tombèrent tous deux dans l'un de ces pièges,
1. FoiêOn (de fusionem, action de 2. De marrir, attrister, tépudie). 8. Si, alors (sic).
le bouc le premier et Daphnis aprèz, ce qui lui sauva la vie pour ce que le bouc soutint sa chute. Mais se voyant tombé en cette fosse il ne put faire aultre chose que se prendre à pleurer, en attendant si quelqu'un viendroit pour l'en retirer. Chloé ayant veu de loin son inconvénient1 y accourut soubdainement, et voyant qu'il estoit en vie, s'en alla vitement appeler un bouvier de là auprèz, pour lui ayder à le mettre hors de ceste fosse. Le bouvier chercha partout une corde qui fust assez longue pour lui tendre; mais il n'en put finer*. Pourquoi Chloé délia le cordon, dont les tresses de ses cheveux estaient liés, pour en tendre un des bouts à Daphnis. Ainsi firent-ils tant eulx deux ensemble en tirant de dessus le bord de la fosse, et lui en s'aydant de son costé le mieux qu'il pouvoit, que finalement ils le mirent hors du piège. (Les Amours pastorales de Daphnis et de Chloé, liv. I, édit, ib59.)
Vray est que ce verger 3 de soy-mesme estoit une bien belle et plaisante chose, et qui approchoit des grands princes et des roys,contenoit bien demy-quart de lieue en longueur, et estoit en beau site eslevé, ayant de largeur cinq cents pas, si qu'il paraissoit à l'œil comme un carré allongé. 11 y avoit toutes sortes d'arbres fruictiers, dés pommiers, des myrtes, des poiriers, des grenadiers, des figuiers, des orangers et des oliviers, d'un aultre costé de la vigne haute qui moatoit sur les pommiers et sur les poiriers, dont les raisins commençoient déjà à se tourner * comme si la vigne eust estrivé*avec les arbres à qui porteroit de plus beau fruict. D'un aultre costé estaient les arbres non portant fruicts, comme lauriers, plantains, cyprès, pins ; sur lesquels, au lieu de vigne, y avoit du lierre, dont les grappes grosses et déjà noircissantes contrefaisoient le raisin. Les arbres fruictiers estoient tous au dedans, vers le centre du jardin, comme 6 pour être mieux gardés, et les stériles estoient aux orées7 tout alentour comme une closture faicte toute expressément,