‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 195 sur 559 · Ce qni {quod). ennemis · texte numérisé non relu

Ce qni {quod). ennemis

5. In rnentm revoeem, que je rap- il. Ce mot n'est plus adjectif.

servent. Je veuîx des discours qui donnent la première charge dans le plus fort du doubte : les siens languissent autour du pot • ; ils sont bons pour Teschole, pour le barreau et pour le sermon, où nous avons loisir de sommeiller, et sommes encores, un quart d'heure aprez, assez à temps * pour en retrouver le fil. Il est besoing de parler ainsin aux juges qu'on veult gaigner à tort ou à droict, aux enfants et au vulgaire à qui il fault tout dire, et veoir ce qui portera ». Je ne veulx pas qu'on s'emploie à me rendre attentif, et qu'on me crie cinquante fois, « Or oyez! * » à la mode de nos heraults * : les Romains disoient en leur religion, Hoc âge, que nous disons en la nostre, Surmm oorda ' : ce sont autant de paroles perdues pour moy ; j'y viens tout préparé du logis, 11 ne me fault point d'alleichement ny de saulse • ; je mange bien la viande toute crue : et au lieu de m'aiguiser l'appétit par ces préparatoires et avant-jeux 7, on me le lasse et affadit *.

Je veois volontiers les epistres ad Atlicum, non seulement parce qu'elles contiennent une tresample instruction de l'histoire et affaires de son temps, mais beaucoup plus pour y descouvrir ses humeurs privées : car j'ay une singulière curiosité, comme j'ay dict ailleurs, de cognoistre l'arae et les naïfs jugements de mes auoteurs. Il fault bien juger leur suffisance •, mais non pas leurs mœurs- ni eulx, par cette monstre de leurs escripts " qu'ils étalent au théâtre du monde. J'ay mille fois regretté que nous ayons perdu le livre que Brutus avoit escript de la vertu : car il faict beau apprendre la théorique11 de ceulx qui sçavent bien lapractique. Mais d'aultant que c'est aultre chose le presche, que le prescheur, j'aime bien autant veoir Brutus chez Plutarque que chez luy mesme : je choïsirois plustost de sçavoir au vray les devis 13 qu'il tenoit en sa tente à quelqu'un de ses privez^tmis, la veille d'une battaille, que les propos

Page 1