‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 212 sur 559 · Les disciples de Pythagow · texte numérisé non relu

Les disciples de Pythagow

v du TÔtemeat qui va de la ceintore aux

8. Rappelez-vous Horace : « Quand genonx (de giro, pansd'uue tunique).

à haute voix il a ditt «Apollon! » re- 0 -, ,..,. ,„,,,. nntk ^

amant les lèvres, il dit tout bas avee J^J 8<nUUi* <*«**■»> *«• nous

crainte d'être entendu : « Belle laverne ^ *

(déesse des voleurs), donne-moi d'é- ,0- Et <ï«c nous devions être, à ?«•

chapper anx yeux , donne-moi de pa- 9dUt»

raitre juste et irréprochable ; étends la 1 1 . Eu retour*

ennemie des passions qui nous ont poulsés & l'offenser. Ny les dieux, ny les gents de bien, dict Platon, n'acceptent le présent d'un meschant

U PAT» HOSTSUI

^ Je ne sçais si je me trompe ; mais puisque par une faveur particulière de la bonté divine, certaine façon de prière ûqus a esté prescripte et diotee mot & mot par la bouche de Dieu, il m'a tousjours semblé que nous en debvions avoir l'uaage plus ordinaire que nous n'avons; et, si j'en estois creu, i l'entrée et à l'issue de nos tables, à nostre lever et coucher, et à toutes actions particulières ausquelles on a accouatumé de mesler des prières, je vouldrois que ce feust le Patenostre * que les chrestiens y employassent, si non seulement *, au moins tousjours. L'Eglise peult estendre et diversifier les prières, selon le besoing de nostre instruction; car je sgais bien que o'est tousjours mesme substance1 et mesme chose : mais on debvroit donner à celle là ce privilège, que le peuple l'eust continuellement en la bouche; car il est certain qu'elle dict tout ce qu'il fault, et qu'elle est trespropre à toutes occasions. C'est l'unique prière de quoy je me sers partout, et la répète au lieu d'en changer : d'où il advient que je n'en ay aussi bien en oaaoire que celle là4.

*• PaUr noster. ligion est la poésie du eœor, elle noué

3. Le fonds est toujours le même. retire en Dieu. — Le prie-Dieu est

4. Ajoutons iei quelques pensées de indispensable an bon ordre; où il n'est Wcrtf « L'impiété est unTiee dn pas, il n'y a point de pénates, point WM- - Il n'est jamais permis de de respect. — J*s paroles intérieures «*• de la religion d'autoui. — La re- sont les wules que Dieu entende. •

Né dans le Périgord , à Sarlat, en 1530 , peu de temps après la paix de Cambrai, lorsque François Ier, sans cesser d'être l'ennemi de Charles-Quint , devint son beau-frère, Etienne de la Boétie appartenait à cette génération qu'anima la ferveur de l'érudition classique. Il fit ses études à Bordeaux, en un temps où cette cité se distinguait entre toutes par la passion d'apprendre. Elle venait d'appeler dans ses écoles une colonie de savants qui secondaient l'élan d'une jeunesse studieuse. C'étaient J. Buchanan , Nicolas Grouohi, Guillaume Guérente, Marc- Antoine Muret, Êlie Yinet, Jean Coste, Simon Mellanger et Gouvea que Montaigne appelait le premier principal de son temps. Formé par leurs leçons, La Boétie manifesta bientôt un talent précoce que la célébrité vint surprendre presque au début de la vie. C'était, dn reste, l'époque où Montaigne parlait latin à six ans, où Juste^Lipse composait des poèmes à neuf ans, où d'Aubigné traduisait, à huit ans, des dialogues de Platon. Les premiers essais de leur jeune émule furent les traductions des (Economique* (TAristote, de la Mesnageriê de Xénophon, et des Bègles de Mariage enseignées par Plut arque. Ces travaux qui révélaient en lui le goût de l'antique simplicité et des mœurs patriarcales, se recommandaient par un style attique et souple, dont la grâce rivalise parfois avec la plume d'Amyot. Les Lettres de Consolation qui suivirent furent inspirées par des malheurs personnels dont le sentiment donne un vif accent à ce commentaire d'un ancien.

Il eut aussi ses heures de poésie. Quoiqu'élève de Ronsard, il échappa à l'affectation italienne et au fatras pédantesque en quelques sonnets où l'on aime la sensibilité d'un cœur enthousiaste.

Mais de toutes ses œuvres, la seule qui ait gardé souvenir de son nom, fut son Discours sur la Servitude volontaire. Pour comprendre l'âpreté de ces colères , presque républicaines , il faut se rappeler que sous François Ier les impôts furent écrasants, qu'Henri II soumit alors le sel à de nouveaux droits, et que la Guienne se révolta contre les agents du fisc. Moneins, lieutenant du roi , étant tombé sous les coups des séditieux , le connétable de Montmorency fut envoyé pour châtier les habitants de Bordeaux qui, réduits par la force, furent condamnés par ordre royal à déterrer aveo leurs ongles le corps de leur victime. Il y eut alors bien des confiscations et des supplices. Les principaux de la ville durent se prosterner à genoux devant l'hôtel du connétable pour crier merci.

En face de ces misères publiques, La Boétie trouva dans son

coeur l'éloquence indignée de Tacite. « On croirait lire, dit M. Villemain, un manuscrit antique trouvé dans les ruines de Ronre sous la statue brisée du plus jeune des Gracohes. » Ce tribun do dixhuit ans devint plus tard conseiller au Parlement.

La Boétie fut digne d'être l'ami de Montaigne, et ces deux noms sont à jamais inséparables.

EiA NATUM NOUS) FIT PBBS1BSS

Certes, s'y il a rien de clair et d'apparent en la nature, et en quoy il ne soif pas permis de faire l'aveugle, c'est cela que nature, le ministre de Dieu et la gouvernante des hommes, nous a tous faicts de mesme forme, et, comme il semble, à mesme moule ', afin de nous entrecognoistre tous pour compaignons, ou plus tost frères. Et si, faisant les partages des présens qu'elle nous donnoit, elle a faict quelques avantages de son bien, soit au corps ou à l'esprit, aulx uns plus qu'aulx aultres, si* n'a elle pourtant entendu 3 nous mettre en ce monde comme dans un champ clos \ et n'a pas envoyé icy bas les plus forts et plus advisez, comme des brigands armez dans une forest, pour y gourmander5 les plus foibles. Mais plus tost fault il croire que, faisant ainsi aulx uns les parts plus grandes, et aulx aultres plus petites, elle vouloit faire place à la fraternelle affection, à fin qu'elle eust où s'employer, ayans • les uns puissance de donner ayde, et les aultres besoing d'en recepvoir. Puis doncques que ceste bonne mère nous a donné à tous toute la terre pour demeure, nous a tous loges auîcunement en une mesme maison, nous a tous figurez en mesme paste7, à fin que chaacun se peust mirer et quasi recognoistre l'un dans l'aultre; si elle nous a à tous en commun donné ce grand présent de la voix et de la parole, pour nous accointer8 et fraterniser d'avantage, et faire par la commune et mutuelle déclaration de nos pensées une communion de nos volontez ; et si elle a tasché par tous moyens de serrer et estrèindre plus fort le nœud de nostre alliance et société; si elle a monstre en toutes choses qu'elle ne vouloittant nous faire tous unis, que tous uns;

i. Nous a jetés dans le même moule 5.' YieDt de gourmet ( mettre la

(de modulvs). gourmette k un cheval).

S. Ainsi pourtant. •. Ceci est un ablatif absolu.

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