XLIV ÉTUDE LITTÉRAIRE
non de saper*, (sapin, satire). — Au lien de s'effacer, comme dans l'ancien idiome, l'A latin é'affioha dans le nouveau, qui, tout a* écrivant avoir (à'habere), se contredit dans homme (de hominem), et kostel (à'hospttale). On finit même par imposer cet intrus au mot habey+dance et par affubler d'un th autheur et authorité. — Ne soupçonnant pas qu'entre deux voyelles, b se tourne toujours en », des philalogues novices commirent un pléonasme étymologique en écrivant 4feoeotr.
— Oublieux de la tradition romane qui ramenait pt à *, ils réintégrèrent oes deux lettres dans achapteur (acheteur) et escript (écrit).
— S'imaginant que le p latin avait péri dans neveu (nepoten. |v où il atteste pourtant sa présence par un «, ils l'installèrent dans fsepveu, et dans tous les mots de même espèce.
Ces exemples que l'on pourrait multiplier, si Ton ne crftijpiait de fatiguer l'attention, prouvent combien l'orthographe fut souvttt arbitraire et factice, dans nn temps où le sens historique manquait aux plus doctes. Aussi celle du xive siècle est-elle relativement plus voisine de la nôtre. Remarquons-le toutefois : les divergences d'une pratique trop variable d'une province à l'autre donnèrent une apparence d'utilité provisoire à des tentatives qui eurent leurs inconvénients. C'est ce qui nous explique pourquoi l'école érudite eut gain de cause, en dépit des bons esprits, qui réclamaient en faveur de la tradition populaire, malgré Ramus, entre autres, qui disait : « La vraie doctrine n'est point es-auditoires des professseurs hébraïques, grecs ou latins de l'Université de Paris; elle est au Louvre, au Palais, aux halles, en grève, à la place Maubert. » Au siècle suivant, en pleine Académie, Bossuet devait aussi proclamer l'usage « U gran4-mattre des langues ; » et Malherbe renvoyer les Pindarisans et les Latinisans « à l'école des crooheteurs du port à foin. »
Mais en attendant que la force des choses condamnât définitivement toute surcharge de lettres incommodes ou superflues, on dut se résigner à subir des innovations qu'implantait l'habitude. Si, grâce à l'initiative des grands écrivains, notamment de Corneille, quelques concessions allégèrent oe bagage de consonnes importunes, l'Académie française n'en consaora pas moins la plupart des arrêts rendus par les érudite; et lorsqu'on 1694 elle publia la première édition de son dictionnaire, elle ne voulut pas, dit-elle en sa préface, « authoriser un retranchement de lettres » qui « eût osté tous les vestiges de l'analogie et des rapports qui sont entre les mots. » Se bornant à expliquer la prononciation de oertaines formes « trop esloignées de la manière dont elles sont escrites, » elle ne daigna pas même « s'engager, en faveur des estrangers, à donner des règles phonétiques. » Pour s'en abstenir, elle eut bien ses raisons ; car, si elle l'avait essayé, elle aurait pu y perdre son latin.